Aout 2003
Semaine 33  13-08 au 19-08-2003

 

ANNIE HALL - de Woody Allen. (20/20) 3
USA - Couleur, 1h34 - 1976. (Reprise/Re-vision).
Avec : WoodyAllen, Diane Keaton, Tony Roberts, Paul Simon, Shelley Duvall.

Comédie : Rien de tel qu’un bon Woody pour se réconcilier avec le cinéma! Celui-ci, je le connais presque par coeur, néanmoins je remarche à chaque coup! Je vais encore donner dans la nostalgie, mais il est indéniable que les années soixante-dix furent des années de rêve! Il n’y avait pas que Woody Allen; il y avait d’autres très grands films américains, comme j’ai déjà eu l’occasion d’en parler - et, comme j’en reparlerai encore souvent. Très bientôt d’ailleurs, car le festival du cinéma américain de cette période se poursuit pour encore quelques semaines au cinéma Racine. Il y eut aussi à cette époque les plus grandes comédies italiennes... mais ça, c’est une autre histoire... En tout cas, nous étions vernis, mes potes cinéphiles et moi! Maintenant, il me faut tout de même parler un peu du film en question. Annie Hall! Ce fut d’abord une grande - et merveilleuse - surprise! Woody ne nous avait point encore habitué à cette (évidemment) nouvelle démarche. Jusqu’à Guerre et amour, son précédent film, il a surtout été un amuseur de génie. A partir de Annie Hall, il amorce un virage, un nouveau style. Par la suite, nous le savons tous, il en essaiera bien d’autres; avec presque toujours un égal bonheur. Ici, il s’agit donc de sa première comédie sentimentale. Mais il ne s’égare point, il ne perd pas son identité et nous fait toujours autant rire... mais avec une certaine réflexion, car il s’agit aussi d’une comédie de moeurs... Que dire de plus qui n’a déjà été dit à propos de ce chef-d’oeuvre? Si. Une chose encore. A l’époque, Woody était également adulé dans son pays d’origine; alors que maintenant, et, depuis bien des années, il est l’objet d’un mépris quasi total. C’est bien dommage...

LE BARON DE L’ECLUSE - de Jean Delannoy. (14/20) 2
France - Noir et blanc, 1h35 - 1959. (Reprise).
Avec : Jean Gabin, Micheline Presle, Blanchette Brunoy, Jean Desailly, Robert Dalban.

Comédie dramatique : Le baron Jérôme Antoine est un parfait gentleman... mais, comme qui dirait souvent désargenté. Toutefois, avec la classe qu’il a, il se débrouille plutôt pas mal pour mener une vie confortable... à Deauville s’il vous plaît! Un beau jour, il va “hériter” d’un bateau de plaisance, sur lequel il va se retrouver avec l’une de ses anciennes maîtresses... Il finira coincé dans un petit patelin, au niveau d’une écluse... Il y rencontrera une autre femme qui va tomber amoureuse de lui... D’après un roman de Simenon, ce film peu connu m’a charmé... Gabin est parfait, Presle pétillante bien sûr et Blanchette Brunoy émouvante. Une jolie petite chose qui repose essentiellement sur les acteurs.

BRONX A BEL AIR - (Bringing Down the House) de Adam Shankman. (0/20) 0
USA - Couleur, 1h46 - 2002.
Avec : Steve Martin, Queen Latifah, Joan Plowright, Eugene Levy, Jean Smart.

Comédie : C’était trop beau pour durer! Nous revoilà dans la panade! Encore un mec qui flirte sur internet... après que sa meuf l’ai quitté. Ce mec, c’est un big avocat (le féerique Steve Martin!); il va entrer en contact avec une autre bigue avocate (la subtile Queen Latifah!). Mais il y a un grand “mais”; la prétendue avocate n’est qu’une “escroque” qui veut profiter du savoir-faire du pauvre Stevie pour qu’il la sorte d’une situation on va dire délicate...! Elle va lui empoisonner l’existence au pauvre naïf! Bon. J’arrête là! L’ensemble est tellement sinistre que j’ai peur d’empuanter le site...!

L’HOMME DE LA RIVIERA - (The Good Thief) de Neil Jordan. (11/20) 1
USA - Couleur, 1h44 - 2002.
Avec : Nick Nolte, Nutsa Kukhianidze, Tchéky Karyo, Gérard Darmon, Emir Kusturica.

Policier : Un ancien voleur complètement sur la touche qui s’enfume dans des bars miteux autour des tables de jeux va avoir l’occasion de réaliser un casse assez extraordinaire. Il s’appelle Bob, et ce n’est pas un hasard car le film est le remake de Bob le Flambeur de Jean-Pierre Melville. A titre exceptionnel, je ne vais pas me plaindre de ce remake car Bob le Flambeur est un des rarissimmes films de Melville que je n’ai pas du tout aimé. Celui-ci, en revanche, je l’ai trouvé agréable à voir, notamment et surtout grace à l’interprétation de Nick Nolte. Il donne une épaisseur à son personnage qui est passionnante. Et dans un film -qui raconte une histoire comme presque tous les films- l’essentiel, c’est quand même les personnages. C’est un détail que l’on oublie trop souvent; Même l’intrigue ne m’a pas passionné, c’est juste tout bonnement le héros incarné par Nolte. Voilà en quelques mots ce qui m’a séduit dans cette oeuvre sur laquelle les critiques sont en train de cracher. N’oublions tout de même pas que le réalisateur est Neil Jordan. Et que certaines prestations, comme celle d’Emir Kusturica sont assez amusantes. Voilà, voilà...

MADAME SATA - de Karim Aïnouz. (17/20) 3
Brésil - Couleur, 1h43 - 2002.
Avec : Lazaro Ramos, Marcelia Cartaxo, Flavio Bauraqui, Felippe Marques.

Comédie dramatique : Tout d’abord précisons que le metteur en scène Karim Aïnouz semble être un pote à Walter Salles. Ceci n’est pas négligeable. Quant à l’histoire, elle s’inspire librement d’un certain Joao Francisco dos Santos, appelé Madame Sata. Pesonnage réellement extraordinaire et fascinant. Un homme noir, homosexuel, mais viril, bagarreur, taulard, etc... Et à personnage exceptionnel, acteur exceptionnel. En effet, Lazaro Ramos au regard magnétique, à l’allure tour à tour clochardesque et féline, assure comme une bête ; bête c’’est le mot, car c’est un révolté qui saura imposer, quitte à avoir des problèmes avec un peu tout le monde, son inoubliable personnalité. Inoubliable aussi, sa fréquente réplique qui consiste à parler de lui en disant :”ma personne désire ceci”, ou “ma personne ne veut pas cela”. Le film est en plus réalisé de main de maître et la photo de Walter Carvalho est absolument splendide. Rien que pour cette raison, ce film est exemplaire de nos jours, nos pauvres jours où le cinéma est envahi par des images plastifiées, appelées “Numérique Haute Définition”.

PIRATES DES CARAIBES : la malédiction du Black Pearl - (Pirates of the Caribbean : the Curse of the Black Pearl) de Gore Verbinski. (8/20) 1
USA - Couleur, 2h20 - 2002.
Avec : Johnny Depp, Geoffrey Rush, Orlando Bloom, Keira Knightley, Jonathan Pryce.

Aventures : Cela faisait longemps que l’on n’avait pas vu un bon film de pirates. D’ailleurs celui-ci n’est pas vraiment bon non plus. Il y a tous les poncifs du genre qui sont généralement agréables et amusants. On y trouve de tout, capitaine fantaisiste (Johnny Depp dont le numéro n’est pas tout à fait au point), des méchants pur jus, des histoires de trésors, de malédiction et même un bon zeste de fantastique. Le casting est inégal, notamment concernant le morveux Orlando Bloom et dans le rôle de Winona Ryder nous avons l’insupportable Keira Knightley qui nous sert grimaces sur grimaces avec ses fausses lèvres qu’on remarque à cent mètres. Sinon, c’est pas mal.

POUR L’EXEMPLE - (King and Country) de Joseph Losey. (12/20) 2
Grande-Bretagne - Noir et blanc, 1h26 - 1964. (Reprise).
Avec : Dirk Bogarde, Tom Courtenay, Leo McKern, Barry Foster.

Drame : Vers la fin de la première guerre mondiale, un jeune soldat engagé volontaire dans l’armée britannique va être jugé pour désertion. Ce classique de Losey est un film dur et poignant. Les interprètes y sont particulièrement remarquables; mais pour Mézigue, comme pour Moi-Même, la dénonciation de la guerre, en général, n’y est pas assez radicale. Cela dit, il s’agit d’une oeuvre plus que respectable.

LA SPLENDEUR DES AMBERSON - (The Magificent Ambersons) de Orson Welles. (7/20) 1
USA - Noir et blanc, 1h28 - 1942. (Reprise)
Avec : Joseph Cotten, Tim Holt, Anne Baxter, Agnes Moorehead, Orson Welles.

Drame : Prospérité et décadence d’une famille bourgeoise. En effet, la ruine va être provoquée par un héritier orgueilleux et ridicule. Voilà pour l’histoire que tout le monde connaît, sans doute. Mais, j’entends déjà les cris et les hurlements de tous les cinéphiles bien éduqués ! Je ne suis pas un amateur des films d’Orson Welles. Et oui, j’ose m’attaquer au mythique Orson, au monument Welles. Une question pertinente est souvent posée : les films que l’on adore sont-ils des chefs-d’oeuvre ? Excellente question en effet. En revanche, n’a-t-on pas le droit de poser la question inverse : est-ce qu’on est absolument obligé d’adorer un chef-d’oeuvre officiel ? Je réponds que non bien sûr. Dans ce film la réalisation et les trouvailles sont souvent remarquables. Alors qu’est-ce qu’il me manque ? Et bien tout simplement, l’émotion. Contrairement à Gabin qui avait coutume de dire “Pour faire un bon film, il faut trois choses, une bonne histoire, une bonne histoire, et une bonne histoire” , je me sens beaucoup plus proche d’un Samuel Fuller qui, lui disait “Pour faire un bon film, il faut trois choses, Emotion, Emotion and Emotion !”. Quant à Mézigue, vous le connaissez, il est plus virulent. Sa devise c’est “L’irrespect avant tout !”.


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