JUILLET 2004
Semaine 29 Du 14-07 au 20-07-2004

L’APRES-MIDI DE MONSIEUR ANDESMAS - de Michelle Porte. (0/20) 0
France - Couleur, 1h19 - 2003.
Avec : Michel Bouquet, Miou-Miou, Paloma Veinstein, Anne Isserman, Patrick Roques.

Drame : Ben oui, fallait s’y attendre. Y a pas de miracle! A l’origine, t’as Marguerite Duras. C’est tout de même elle, à la base, qui a bafouillé la bafouille... Fidèlement transposée par Miss Porte... Enfer et damnation! Dans le sud de la France, t’as un vieux monsieur qui attend un entrepreneur pour lui arranger la belle bicoque qu’il a achetée à sa fiifille... Au lieu de ça, c’est la femme de l’entrepreneur, une jalouse, qui vient s’entretenir avec monsieur Andesmas... Elle a peur de perdre son époux qu’elle soupçonne d’entretenir une relation avec la fifille du monsieur... Alors, il vont se tailler une vieille bavette pendant tout l’après-midi... Ils vont dire de préférence n’ilmporte quoi... Oui, parce qu’au bout dix minutes, on cède à l’apathie, on se fiche de cette non-intrigue comme de l’an 40... ou 60... ou de l’an que l’on voudra... Même un comédien de l’envergure de Michel Bouquet a du mal à trouver le ton juste... de cette “fausseté”... (Façon polie de dire “masturbette”). Quant à Miou-Miou, paticulièrement inexacte dans son tempo et sa diction, peut-elle seulement faire “miou”...? Une fois de plus, des images inutiles et laides... à la sauce “rayons de soleil détrempés”... Si vous voulez en voir du soleil, et que vous ne pouvez quitter la ville... achetez-vous une carte postale provinciale... cela coûte moins cher.

 

 

L’ARMEE DES MORTS - (Dawn of the Dead) de Zack Snyder. (7/20) 1
USA - Couleur, 1h37 - 2003.
Avec : Sarah Polley, Ving Rhames, Mekhi Pfiffer, Jake Weber, Hannah Lochner.

Fantastique : Remake de remake de séquelles de resucées de remakes!!! Triple bouse d’urus de saperlipopette de remake! Bon, on se calme... et on récapitule... Après La nuit des morts-vivants de George A.Romero, en 1968 et le remake inavoué (au mieux, une variation sur le même “thème”) du même réalisateur, Zombie, en 1979, nous avons eu droit à trois suites (trois retours des morts-vivants) en 1985, 1987 et 1993; entre-temps, un vrai remake de La nuit des morts-vivants réalisé par Tom Savini, en 1990... et maintenant, voici le remake de Zombie, qui déjà “remaquait” “séquelleusement” La nuit des morts-vivants... Si vous n’avez pas bien suivi, vous avez le droit de relire... Bref, un groupe de personnes sont encore et toujours coincées dans un magasin encerclé par des morts-vivants... Le (presque) miracle de ce film, c’est qu’il parvient à nous accrocher, malgré tout, encore un petit peu... Les clichés abondent bien sûr, mais, notamment à un moment donné, (où l’auteur fait preuve d’un cynisme presque réjouissant), ces affreux monstres que sont les zombies nous apparaissent comme de pauvres victimes... C’est de ce côté-là que tu aurais dû creuser Zacky...! Quant aux commentaires élogieux de Tarantino, lors du passage de ce tout petit film à Cannes, nous lui en laissons l’entière responsabilité... à ce fou du ciné, un peu trop porté sur l’horreur facile... M’est avis que Quentin devrait consulter...

 

 

LES AVENTURES EXTRAORDINAIRES DE MICHEL STROGOFF - de Bruno-René et Alexandre Huchez. (1/20) 0
France - Couleur, 1h27 - 2003.
Avec les voix de : Anthony Delon et Claire Keim.

Animation : D’emblée je vous le dis, une histoire d’aventures militarisantes - un gars au service du tsarrrr - , ce n’est pas nécessairement ce que je préfère... Même si l’aventure pure et dure prévaut la plupart du temps... et que l’auteur est Jules Verne... Ici, il s’agit d’un “digest” simplificateur pour les plus jeunes. Cela dit, dès l’instant où un enfant sait lire, ce dessin animé devient parfaitement inutile. On m’aura compris; mieux vaut lire le livre. Bref, on ne palpite pas des masses, nous autres adultes... C’est bien naturel. Toutefois, même les bambins devraient pouvoir s’amuser autrement qu’en zieutant cette modeste suite d’images... dont le graphisme frôle la nullité - mais on a vu pire... C’est la post-synchro (le doublage) qui craint le plus!!! La voix de Michel Strogoff est celle de Tony, le fiston à son papa... A mon humble avis, après une telle prestation (aucune couleur, aucune nuance vocales), il devrait être interdit de studio!

 

 

COMING APART - de Milton Moses Ginsberg. (0/20) 0
USA - Noir et blanc, 1h51 - 1969.
Avec : Rip Torn, Sally Kirkland, Viveca Lindfors, Megan McCormick, Julie Garfield.

Drame : Un inédit américain marginal datant de 1969... Je m’en “frottois” les paluches! Déception sur toute la ligne...! Une caméra paralytique filme inlassablement un psy qui vient de rompre avec sa moitié et qui se vautre dans la nique pour oublier... Il n’oubliera rien et finira dépravé jusqu’au sourcils. C’est le psy lui-même qui a placé la caméra afin de filmer ses rencontres; cela donne une série de longs plans-séquences... épicés par le fait que les images sont renvoyées par le truchement d’un miroir, histoire de faire du spectateur une sorte de voyeur... Si parfois les personnages peinent à jouir, les acteurs, eux, peinent souvent à jouer... juste. Finalement, cet inédit aurait pu rester dans son tiroir...

 

 

LES GAOUS - de Igor SK. (0/20) 0
France - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Matthias Van Khache, Hervé Lassïnce, Richard Bohringer, Jean-Marie Bigard.

Comédie : Je me demande pourquoi je persiste à aller voir des sous-merdes pareilles... Ca sentait mauvais à des kilomètres, cette idiotie... Enfin, je me console en me disant que c’est pour vous, fidèles internautes, que je me dévoue... Pour vous tenir au courant... vous informer... vous éviter de vous “viander” en vous trompant d’écran... des fois que vous soyez naïfs... Sachez - il faut bien que je donne quelques détails - que le principal responsable de ce “méfait”, c’est l’amuseur en chef Jean-Marie Poiré (Les visiteurs) ! Ici, il ne réalise pas, mais produit... après avoir commis le scénario... d’après sa propre idée originale (sic)...! Tout çaaaaa?!? Eh ouais, c’est un surdoué le Poirrrrêêêê... !!! Allez, y a pouce, n’en parlons plus. D’ailleurs, le film ne passe déjà plus (après sept jours d’exploitation) à Paris... Si jamais il rôde encore dans votre village, bannissez-le!!!

 

 

JUST A KISS - (Ae Fond Kiss) de Ken Loach. (16/20) 2
Grande-Bretagne - Couleur, 1h43 - 2003.
Avec : Atta Yaqub, Eva Birthistle, Ahmad Riaz, Shamshad Akhtar, Shabana Bakhsh.

Comédie dramatique : J’ai tendance à cataloguer moi aussi quelquefois... Un film de Ken Loach, pour moi, c’est presque toujours un bon “petit” film... C’est peut-être dû au fait que ses oeuvres ne me font que rarement planer... elles sont d’une très grande qualité mais ne m’ “explosent” jamais. Excepté Sweet Sixteen , son chef-d’oeuvre! Et puis, également, à cause de leur budgets souvent modestes - là, je tombe dans un piège assez ridicule! Bien. Tout ça pour dire quoi? Que j’ai failli lui “accorder” trois étoiles et que, ne l’ayant pas fait, j’essaie de me justifier...? Ce n’est guère intéressant. Passons donc au film. A Glasgow, une histoire d’amour à priori impossible entre un jeune Pakistanais, Casim et une jeune et jolie Irlandaise, Roisine... Religion oblige, les problèmes pleuvent... Et pas seulement côté musulman... Il y a des bigoteries côté catho aussi... Des intrigues semblables, on en a déjà vu une certaine quantité...! Mais, avec le regard d’un Ken Loach, une problématique sentimentale aussi banale devient tout de suite une nouvelle histoire... encore jamais racontée... Outre le fond socio-politique cher au réalisateur, d’une justesse exemplaire et enrichissante tant au niveau des ressorts dramatiques que du support thématique de l’oeuvre, ce film apparaît d’abord comme une partitiion musicale... Le piano interprétant inlassablement le thème et variations sur la comptine “Ah! Que dirai-je maman?” de Mozart est beaucoup plus qu’un liant... Loach jouant sa propre partition qui devient inhérente à l’expression musicale... Plus qu’une association heureuse, la mise en scène et la narration picturale, la mise en musique et la narration pianistique sont pure harmonie... Je vous laisse découvrir le reste : le savoir-faire du virtuose Ken Loach - peu de cinéastes parviennent comme lui à recréer des situations d’une façon aussi réaliste et crédible; sa manière d’extraire l’essentiel d’une séquence qui aurait pu nous lasser en étant plus longue; son extraordinaire capacité à diriger des comédiens professionnels ou non... Découvrez donc tout cela - et bien plus encore - par vous-mêmes... Moi, parole d’homme, je vous promets bien du plaisir!

 

 

LES MAITRES DU JEU - (Shade) de Damian Nieman. (12/20) 2
USA - Couleur, 1h35 - 2003.
Avec : Stuart Townsend, Gabriel Byrne, Thandie Newton, Sylvester Stallone.

Policier : Vernon, Miller et Tiffany sont associés dans une entreprise d’arnaque. Leur domaine, les cartes... Après avoir plumé un sérieux client, ils décident, un beau jour de s’attaquer au génie de la triche “Le Dean”... Entourloupes, arnaques et sur-arnaques sont au rendez-vous... Qui berne qui? Et, au final, qui tire les ficelles? C’est loin d’être cousu de fil blanc et l’on va de surprises en surprises... (Bien sûr, on trouvera toujours des petits malins qui nous diront : “Bof, moi j’avais compris dès le début!”). Les acteurs, eux, ne trichent pas... et ils jouent vraiment bien. Un bon divertissement.

 

 

NOUS NOUS SOMMES TANT AIMES - (C’eravamo tanto amati) de Ettore Scola. (20/20) 3
Italie - Noir et blanc, Couleur, 1h55 - 1974. (Reprise/Re-vision)
Avec : Vittorio Gassman, Nino Manfredi, Stefania Sandrelli, Stefano Satta Flores.

Comédie : Gianni, Antonio et Nicola, trois grands potes de toujours, sont tous les trois amoureux de la même femme (à tour de rôle ou en même temps), Luciana... Au travers et en compagnie de ces quatre personnages, nous vivons trente ans de l’histoire italienne - depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale jusqu’au milieu des années soixante-dix... Ce film, bien connu des cinéphiles, est ce que j’appelle un film complet. L’amour, l’amitié, l’histoire, la politique, le rêve et la réalité, la générosité, la cupidité et surtout beaucoup de faiblesses humaines, la nostalgie et les déceptions... la vie en somme... “L’acte de création présuppose l’omniscience”, disait Arthur Koestler. Dans ce film magistral, Scola n’oublie rien. Et certainement pas la mise en scène, formidablement supportée par un scénario d’une rare richesse. Les trouvailles - le mot est presque péjoratif - sont innombrables d’un bout à l’autre... Non, ce ne sont pas des trouvailles, à ce niveau-là, c’est tout simplement du grand art. Il y a l’esprit aussi, l’âme de l’oeuvre qui nous émerveillent. A cette époque-là, les cinéastes étaient souvent beaucoup plus engagés... dans tous les sens du terme... Et les gens d’exception comme Scola ne se contentaient pas de poser leur regard sous un seul angle... Jamais un personnage n’était fait tout d’une pièce (est-il besoin de rappeler l’immense talent des Manfredi, Gassman ou autres?) et rarement une situation était uniquement comique ou dramatique... Car il s’agit bien là d’une comédie... je persiste... Mais, une comédie à l’italienne... Un genre oublié. De toute façon, aujourd’hui que la télé a bouffé le cinéma - en Italie, ce fut le cas de la façon la plus caricaturale; environ cinq cents chaînes pirates ne diffusant que des films de cinéma apparaissent du jour au lendemain, à la fin des années 70 - aujourd’hui que le “politiquement correct” tend à tout dévorer sur son passage... peut-on encore imaginer qu’un film aussi pessimiste et désepéré puisse voir le jour... ? Un film qui ose titiller le bourge là où ça lui fait mal... tout en nous faisant rire et pleurer... en même temps... Ce chef-d’oeuvre, nous l’avons tous tant aimé, il y a trente ans, et nous l’aimons toujours autant ! (Voir les files d’attente devant les salles...).

 

 

LE TEMPS DES GITANS - (Dom za vesanje) de Emir Kusturica. (20/20) 3
Yougoslavie - Couleur, 2h15 - 1988. (Reprise/Re-vision)
Avec : Davor Dujmovic, Bora Todorovic, Ljubica Adzovic, Husnija Hasimovic.

Drame : Dès les premières images, dans le décor sinistre d’un village où il pleut des cordes, un Tzigane un peu fêlé nous dit :”...lorsque Dieu est descendu sur Terre et qu’il a vu les Gitans... il est aussitôt remonté...!” D’emblée, nous sommes au coeur du film - c’est une tragi-comédie. “Jamais on n’avait fait un tel film sur les Gitans”, s’exclamait avec enthousiasme Tony Gatlif (dont le dernier film “Exils”, primé à Cannes, sort prochainement) en 1989, lors de la sortie de ce “diamant noir”! Certes, Kusturica les connaît bien ces “fameux damnés” dont les passions sont tout sauf tièdes... Il nous les montre tels quels, sans concession, beaux et hideux à la fois, drôles ou antipathiques, sentimentaux à en crever... ou bien cruels comme c’est pas permis... Musiciens, truands, poètes ou brutes épaisses... ils nous fascinent, nous ensorcèlent, nous émeuvent... c’est rien de le dire...! Voilà donc que je revois ce film magique... Voilà que j’attends avec impatience et une certaine crainte (la peur de fondre en larmes) les scènes les plus bouleversantes... Oniriques et enrobées d’une musique plus vivante que la vie, plus tuante que la mort... Le rêve d’amour de Perhan; la vision de sa petite soeur handicapée, à qui sa mère défunte semble apparaître; Azra enceinte en état de lévitation; la fête tragique de la fin... J’en passe... L’histoire, les intrigues ne sont pas essentielles... et, du reste, il ne faut jamais les raconter... Elles arrivent ces scènes d’un autre monde - celui de l’irréelle beauté - insupportablement sublimes... une à une... je les regoûte en refoulant des sanglots qui pourraient sembler déplacés ou excessifs... L’histoire est secondaire, disais-je... Certes, car ce qui est fondamental, c’est la démarche de Kusturica, son souci de nous éblouir à chaque instant, chaque image... Offrir à nos yeux des plans bien remplis de trésors visuels... Orchestrer son oeuvre de la manière la plus surprenante et la plus spectaculaire qui soit ! Ah! Je les entends d’ici les souffreteux allérgiques au “spectaculaire”! Oui, nous sommes loin avec Emir de nos (de plus en plus nombreux) prétendus cinéastes actuels... les asthmatiques de l’imaginaire à l’émotion constipée...! Il y a des films, comme celui-ci, dont on pourrait parler durant des heures et des jours... et pourtant, plus on en parle, plus on se rend compte de la vanité de nos mots... Si vous n’êtes toujours pas convaincus, je ne peux plus rien pour vous...

 

 

TOLERANCE ZERO (L’heure n’est plus aux concessions) - (Walking Tall) de Kevin Bray. (6/20) 1
USA - Couleur, 1h26 - 2003.
Avec : The Rock, Johnny Knoxville, Neal McDonough, Kristen Wilson, Ashley Scott.

Aventures : Un soldier (le massif catcheur surnommé “The Rock”) nous revient au village... qui a bien changé... En effet, de bien gros gras salopards - dont un surtout, le chef! - règnent sur cette communauté pourtant si charmante autrefois... Le soldier va aller de surprise en castagne... et va se faire amocher à coups de gros “canif”... En moins de deux, après s’être fait soigner tout de même, il va être nommé shérif et alors là... eh bien, l’heure ne sera plus aux concessions... Autrement dit, ça va chier! On rit au second degré et l’on sourit au premier... Grâce à la brièveté du film et à des bagarres amusantes, on parvient à oublier la connerie de ce “nanar” numérisé...

 

 


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