JANVIER 2005
Semaine 2  Du 05-01 au 11-01-2005

A BOIRE - de Marion Vernoux. (0/20)0
France - Couleur, 1h30 - 2004.
Avec : Emmanuelle Béart, Edouard Baer, Atmen Kelif, Yves Verhoeven, Marina Foïs

Comédie : Trois lourdes caricatures vont passer le plus clair de leur temps à picoler dans cette station de sports d’hiver... Inès, larguée par son boyfriend et Pierre-Marie, toubib largué par son épouse sont déjà des vétérans de la boutanche... Le troisième, Sed Abd Al Abbas serait plutôt interdit d’alccol par sa religion, mais un bras cassé dès son premier jour dans “l’usine à skis” le déprime suffisamment pour qu’il s’y mette aussi... C’est tout ! On est censés rire alors que l’on peine à décrypter ce cauchemar...! Je vois le scénario d’ici : quelques pages froissées et vaguement noircies de signes... Qu’est-ce que tu veux réaliser à partir de ça...? Donc, la mise en scène, tu oublies. Quant au montage, c’est une des plus grandes hontes désastreuses jamais vues... mauvais raccords, ellipses (?) accidentelles (?), cafouillages sur toute la ligne... jusqu’à la couleur du whisky...! A Béart, à Baer ou à boire... mais sûrement pas à voir !

 

A CORPS PERDUS - (Non ti muovere) de Sergio Castellitto. (2/20) 0
Italie - Couleur, 1h58 - 2004.
Avec : Sergio Castellitto, Penélope Cruz, Claudia Gerini, Marco Giallini, Pietro de Silva

Drame : Sa fille de quinze ans accidentée se faisant opérer, un toubib va se flachebaquer son inoubliable rencontre avec une pauvre nana, plus moche que les poux qu’elle héberge dans sa chevelure... Mais, le fameux jour où le toubib la croisa - alors qu’il était coincé en banlieue par une panne de bagnole - il ne put résister à des pulsions terribles venues d’ailleurs... et alla jusqu’à la violer...! Mon Dieu, quelle pâââssion ! S’ensuit une affection sentimentale aiguë de part et d’autre... Le brave Sergio - excellent comédien par ailleurs - se sent obligé de nous faire tenir la chandelle chaque fois que les deux personnages se retrouvent pour copuler... Triste et énervant. Pour dramatiser le truc, la nana va mal finir suite à un avortement fait “à l’ancienne”... Mais il reste toujours de la place (suffit de le vouloir) pour un happy end... Ce roman-photo, adapté d’un roman de gare dont l’auteur est l’épouse de Castellitto, est si mièvre et insignifiant que l’on se demande tout bonnement pourquoi il existe... qu’est-ce qu’un film finalement... c’est quoi le cinéma... il était une fois Cinecittà et ses grands maîtres... Halte au spleen ! Réveillons-nous, Mézigue ! Ce n’est pas ce petit ratage qui va nous désespérer... Et puis, on a quand même réussi à sourire plusieurs fois... tout n’est pas perdu...

 

BENJAMIN GATES ET LE TRESOR DES TEMPLIERS - (National Treasure) de John Turtletaub. (2/20) 0
USA - Couleur, 2h10 - 2004.
Avec : Nicolas Cage, Diane Kruger, Justin Bartha, Sean Bean, Jon Voight, Harvey Keitel et Christopher Plummer

Aventures : Sacrés Ricains ! Quand ce n’est pas le Père Noël, c’est les Francs-Maçons...! Ces derniers associés aux Templiers de je-ne-sais-quelle table ronde, auraient amassé au fil des siècles un trésor incommensurable, proprement pharaonique !
Mais planqué et bien planqué le trésor...! Plusieurs générations de la famille Gates se sont cassé et la tête et les dents en cherchant désespérément à le dénicher... Mais, heureusement, Benjamin (le benjamin des Gates) est là ! De fil en aiguille, de déductions logiques en déductions rationnelles, de poursuites en castagnes, il va nous faire chier jusqu’à la fin de ce film-rébus...! D’autant plus que malgré toutes ces gesticulations, le parfum de l’aventure n’est pas là... nul décor exotique ou chatoyant... Le mystère est réduit à quelques “énigmettes” stupides et bien sûr invraisemblables... On a tout de même le droit de rire au second degré... mais, la plupart du temps, c’est très difficile... Et, qu’est-ce que ça fait mal au coeur de voir des comédiens aussi prodigieux que Voight et Keitel tenir le crachoir à un lamentable avatar de Indiana Jones... Quant à Plummer... il n’a droit qu’à une petite scène... Si on veut le voir, il ne faut surtout pas rater les trois premières minutes du film...!

 

 

LA CHUTE - (Der Untergang) de Oliver Hirschbiegel. (12/20)
Allemagne - Couleur, 2h34 - 2003.
Avec : Bruno Ganz, Alexandra Maria Lara, Corinna Harfouch, Ulrich Matthes, Heino Ferch, Julianne Köhler, Thomas Kretschmann, Ulrich Noethen

Guerre : Et rebelote ! Un nouveau come back de Hitler... Vous en reprendrez bien encore une louchée...? Personnellement, ce n’est pas tellement le retour d’Adolf qui m’intéresse mais plutôt celui de Bruno Ganz... On le savait formidable comédien, mais là le bougre parvient à nous étonner plus que jamais. Des compositions de cette qualité, on en voit une tous les dix ans...! Je disais donc que le phénomène Hitler devenait un peu lassant... Certes, il ne faut pas oublier. En revanche, combien d’autres salopards sont restés dans l’ombre, ignorés de (presque) tous... Et puis, c’est très pratique de nous gaver avec un symbole de monstruosité plutôt que de nous informer des exactions quotidiennes et actuelles commises un peu partout dans le monde... Néanmoins, l’on nous narre ici pour la première fois les derniers jours du dictateur... du 20 avril au 2 mai 1945. Planqué dans son bunker avec ses proches partisans ainsi que sa maîtresse Eva Braun et la fidèle secrétaire Traudl Junge... Jusqu’au bout, il restera cinglé au point de glavioter sur son propre peuple... dont il n’a sans doute jamais rien eu à foutre... La reconstitution est soignée bien que le réalisateur Hirschbiegel n’ait pas inventé la poudre à éternuer... Le film est prenant, les acteurs sont tous parfaits... Il y a ça et là quelques tendances clicheteuses... il ne s’agit pas d’une oeuvre majeure... mais tout simplement d’un bon film. Ce n’est déjà pas si mal... surtout depuis un mois ou deux. Par ailleurs, je me demande bien quel est l’imbécile qui a lancé en l’air l’idée que dans ce film Hitler était montré sous un jour quasi angélique, ou tout du moins que l’on ait tenté pendant 2h30 de l’humaniser... Tout d’abord, il n’est nul besoin de l’humaniser : c’était un être humain ! Les actes odieux que l’on qualifie ordinairement d’inhumains... sont pourtant le propre de l’homme !!! Un animal est incapable de cruauté ou de sadisme étant donné qu’il ne possède pas la capacité d’imaginer la souffrance d’autrui. Et vlan ! Prends ça dans la gueule ! Et le père Adolf était donc notre semblable; pire notre frère ! Eh oui, on ne choisit pas sa famille... Nous sommes aujourd’hui une très grande famille de six milliards de frères et de soeurs sur notre petite planète bleue... Voilà pourquoi les gens qui se contentent de couper (au sens figuré comme au propre) la tête des “monstres” me tapent gravement sur le système ! Au lieu de combattre la Monstruosité... ! C’est fastoche, lâche et hypocrite de se donner bonne conscience aussi aisément... La monstruosité est en chacun de nous... donc, voici une bonne occasion de se remettre en question soi-même... de se jauger dans le miroir... au lieu de juger hâtivement... Bien évidemment, ce n’est pas moi qui vais tenter de justifier le moindre des actes barbares générés par le dictateur Hitler ! Seulement, n’oublions jamais que tout seul, avec ses p’tits bras musclés, le malheureux connard ne serait pas allé bien loin...! Les massacres perpétrés par les nazis l’ont été par des officiers et des bidasses obéissants et très cruels eux aussi... A quel point ne suis-je pas capable moi-même d’exactions... ? Voilà la question que tout le monde devrait se poser... Que l’on se souvienne seulement de la Libération où de minables trouillards, ayant fait dans leur froc durant toute l’occupation, se défoulèrent notamment sur de pauvres femmes ayant “fréquenté” des soldats allemands... Je le répète, l’horreur nous la portons tous en nous... elle s’exprime essentiellement (plus ou moins, bien sûr, suivant l’individu) dans certaines circonstances propres à exacerber nos passions... Il suffit d’être à un endroit donné, durant une période donnée... et le risque devient grand. Un peu de courage et d’honnêteté, que diable ! Sinon, nous ne parviendrons jamais à maîtriser nos démons...! Et ce n’est pas parce qu’on nous montre dans le film un Hitler capable de sourire ou de souffrir lorsque son chien meurt qu’il faut s’affoler... Cela n’a rien d’étonnant, car, d’un autre côté, un être humain n’est jamais fait tout d’une pièce... Combien de temps encore devra-t-on répéter cette évidence...? J’ajoute, pour finir, que toutes les idées que je viens d’évoquer sont dans le film. Les auteurs (il s’agit de l’adaptation de deux livres) nous proposent une vraie réflexion... Notamment la dernière séquence du film - scène documentaire où l’on voit et entend dire la vraie Traudl Junge que sa jeunesse, à l’époque où elle était inconsciente du péril hitlérien, n’excuse rien et qu’il faut absolument se tenir informé...

 

 

LES DALTON - de Philippe Haïm. (0/20) 0
France - Couleur, 1h26 - 2004.
Avec : Eric et Ramzy, Saïd Serrari, Romain Berger, Marthe Villalonga, Till Schweiger

Comédie : “... Depuis notre naissance, et même avant, notre cerveau s’est structuré en créant des cicruits support de nos diverses facultés “intellectuelles”, mémoire, imagination, émotion... Tout a laissé des traces dans cette structure riche de quelque cent milliards de neurones, reliés par un million de milliards de connexions. Une combinatoire inépuisable est disponible, que n’arriveront pas à saturer les événements de nos cent années de vie (soit seulement trois milliards de secondes). A chaque instant, une partie infime de ces circuits neuronaux est utilisée pour ressentir et exprimer...”

Pr. Albert Jacquard.

 

 

LES DESASTREUSES AVENTURES DES ORPHELINS BAUDELAIRE - (Lemony Snicket’s - A Series of Unfortunate Events) de Brad Silberling (7/20)
USA - Couleur, 1h30 - 2003.
Avec : Jim Carrey, Liam Aiken, Emily Browning, Meryl Streep, Timothy Spall

Aventures : Suite à un incendie terrifiant, les parents Baudelaire se retrouvent ad patres et les orphelins (deux filles et un garçon) dans la mouise... Que dis-je, bien souvent en danger de mort...! Car c’est leur oncle, l’abominable Comte Olaf qui fera tout pour devenir leur tuteur, intéressé qu’il est par l’héritage... une véritable fortune... Certes, l’histoire est classique et simplette mais la mise en images est originale et insolite... Malgré le côté fourre-tout - genre cocktail parituclièrement hétéroclite - une atmosphère sinistrement réjouissante s’installe dès le début... La narration est prise à contre-pied pour une fois... l’image est souvent esthétique mais rarement jolie... la lumière est sombre et les couleurs boueuses... et Jim Carrey, pour une fois aussi, y réussit une prestation intéressante - en fait, un rôle à transformations... on ne présente plus Meryl Streep... et Timothy Spall est toujours aussi pittoresque. Néanmoins, ni l’intrigue ni la réalisation n’ont suffisamment de densité et de souffle. Cela provient très certainement d’un script peu fourni... En tous cas, en comparaison des autres films de fin d’année, celui-ci n’a aucun mal à être le plus satisfaisant.

 

 

LES SOEURS FÂCHEES - de Alexandra Leclère. (0/20) 0
France - Couleur, 1h33 - 2004.
Avec : Isabelle Huppert, Catherine Frot, François Berléand, Brigitte Catillon

Comédie : Louise, nunuche provinciale, monte à Paris voir sa soeur, une exécrable frustrée qui a théoriquement tout pour être heureuse... Sauf que son mari la trompe comme il respire et qu’elle est apparemment marquée à jamais par sa mère alcoolique... Louise a pourtant et évidemment la même mère... mais elle, elle est toujours souriante et gaie... Ce qui énerve prodigieusement sa frangine aînée... Louise est jouée par Catherine Frot, l’odieuse aînée par Isabelle Huppert... Pour être odieuse, elle est odieuse...! A tel point que l’on n’a pas du tout envie de rire... Emmerdant pour une comédie... L’on ne rit pas et l’on n’est nullement ému pour la bonne raison que les colères de la soeur odieuse sont beaucoup trop systématiques et forcées... Encore un auteur qui n’a pas pris la peine de créer en premier lieu de véritables personnages et des situations un tantinet moins quotidiennes... Le quotidien, bordel, on y a droit 24 sur 24...! Les spectateurs ont-ils tant besoin de s’identifier à des gens ordinaires interprétés par des comédiens ordinaires - quand ils ne sont pas carrément mauvais...? Et comment diable y parviennent-ils... alors que ces ombres de personnages ne sont pas crédibles...? Pour moi, il y a là comme un mystère...

 

 

TROPICAL MALADY - (Sad Pralad) de Apichatpong Weerasethakul. (0/20) 0
Thaïlande - Couleur, 1h58 - 2003.
Avec : Banlop Lomnoi, Sakda Keawbuadee, Sirivech Jareonchon, Udom Promma

Drame : Prix du Jury à Cannes 2004. La vache ! Le film commence par le commencement ou à peu près... par ce que l’on pourrait prendre pour une introduction... Une série de séquences où la pauvreté de l’image le dispute à la fadeur de l’action... Eh oui, une fois de plus... Le cinéma témoin de notre temps, n’est-ce pas... du moins de ce qui est dans l’air du temps... la mode... Donc, cette suite de scènes n’est pas une introduction car elle dure près d’une heure... sur deux, ça fait un peu lourd...! T’as deux copains, très très très copains, si tu vois ce que je veux dire... ça aussi on s’en tape, ça court les écrans depuis des années... deux amis même qui mènent une existence plate... l’un est militaire quand même, mais dans le genre folklo... Après cet exposé parfaitement chiant, nous avons droit à une seconde partie... où l’un des deux amis, si j’ai bien tout compris entre deux ronflettes, disparaît dans la forêt tropicale... L’autre part à sa recherche... Comme sa quête se passe souvent de nuit, tu vois que nib... vérisme oblige... Cela dit, Apichatpingpong aurait pu laisser tout en noir pendant deux plombes qu’on aurait pas forcément fait la différence...

 

 

TU MARCHERAS SUR L’EAU - (Walk on Water) de Eytan Fox. (5/20) 0
Israël - Couleur, 1h44 - 2004.
Avec : Lior Ashkenazi, Knut Berger, Carolina Peters, Gidon Shemer, Carola Regnier

Comédie dramatique : Agent secret (et exécuteur) du Mossad, Eyal est chargé un beau jour de retrouver la trace d’un vieux nazi qui serait retourné en Allemagne après moult années passées en Amérique du Sud... Il va se débrouiller pour se caser comme guide touristique auprès du petit-fils de Himmelman (c’est le nom du nazi), venu rendre visite à sa soeur en Israël... Eyal va progressivement sympathiser avec les petits-enfants du criminel de guerre... Et Eyal va commencer à se poser des questions... à douter... à en avoir ras-le-bol de courir après des fantômes appartenant à un passé aussi obsédant que lointain... Il se rendra plus tard en Allemange afin d’y zigouiller le vieillard... Au moment crucial, il va craquer et ne pourra pas remplir sa mission... En revanche, le petit-fils prendra le relais pour achever “la momie” de quatre-vingt-dix balais... Quelle déception que cette séquence de trop ! Autant Eyal est un personnage passionnant, parce qu’à un carrefour décisif de son existence, parce qu’il doute, parce qu’en s’adoucissant il nous devient franchement sympathique, autant le petit-fils est en fait un petit con...! En effet, à quoi bon tuer... un cadavre... Un cadavre qui, dans une vie antérieure - où son exécutiion eût sans doute été un peu plus utile - a participé à l’extermination des Juifs et d’autres... et qui n’est plus en mesure de faire du mal à une mouche... Le traduire en Justice, pourquoi pas... mais le zigouiller...! C’est inutile et lâche en l’occurrence car le petit-fils ne prend aucun risque... C’est pas ses parents qui iront le dénoncer, eux qui ont accueilli en cachette le grand-père nazi... Les gens malveillants, fanatiques ou plus ou moins tarés ne sont dangereux que s’ils ont le pouvoir... Si on leur donne le pouvoir ! Il suffirait donc de les ignorer... et éviter ainsi de se salir les mains... Simple logique, n’est-ce pas ?
PS : Désolé d’avoir été obligé de raconter la fin du film... Mais, une fois n’est pas coutume... Promis, juré !

 

 

TU VAS RIRE MAIS JE TE QUITTE - de Philippe Harel. (0/20) 0
France - Couleur, 1h37 - 2004.
Avec : Judith Godrèche, Patrick Chesnais, Sagamore Stévenin, Wladimir Yordanoff

Comédie : Suite à un projet ambitieux avorté, Harel s’est dépêché de nous pondre en une nuit d’insomnie un “remplissage” de plus de quatre-vingt-dix minutes... Aucune scène n’a de raison d’être et donc... le film n’est ni fait ni à faire...! Une nénétte de 32 ans, comédienne galérienne, d’auditions en petits rôles, mène une vie professionnelle peu florissante mais ne désespère pas... Côté mec, elle n’a que des problèmes... Faut voir lesquels... faut voir la débilité des keums, des situasses et des dialogues... Les seules scènes “extraordinaires” étant bien évidemment les scènes de baise... Au fait, au nom de quel principe supérieur, devons-nous mater inlassablement “les bêtes à deux dos”... copulant comme on copule depuis la nuit des temps... Lassantes et sinistres répétitions... Passé l’âge de seize ou vingt ans tout au plus, c’est loin d’être fascinant... Soyons cléments avec les acteurs... mais, notons tout de même que nous avons l’impression durant tout le film que Judith Godrèche passe des bouts d’essai et des auditions en nous disant qu’elle ne sera jamais engagée... et pourtant, elle est dans un film fini... elle tient le rôle principal... On a peine à y croire... C’est l’aspect quelque peu surréaliste et fantastique de cette oeuvre “légumineuse” et... périssable.

 


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