AOÛT 2010

Semaine 31_32 Du 04-08-2010 au 17-08-2010


INCEPTION - Christopher Nolan. (6/20)
USA - Couleur, 2h28 - 2009.
Avec : Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon-Levitt, Ellen Page, Marion Cotillard, Ken Watanabe, Cillian Murphy, Tom Hardy, Dileep Rao, Tom Berenger, Lukas Haas, Michael Caine et Pete Postlethwaite.

Fantastique : Au dix-septième siècle déjà, Pedro nous l’avait dit : La vie est un songe. Cependant, il est étonnant qu’un gars comme Nolan soit tombé dans le piège de la fausse bonne idée du rêve contrôlé. Le propre du rêve est l’imprévisibilité, l’incohérence, la résultante du vécu et non une prémonition; analyser un rêve est comme farfouiller dans les excréments d’une personne pour voir ce qu’elle a mangé la veille. En revanche pour un film fantastico-poético-tout-ce-que-l’on-voudra, c’est une mine d’or. C’est pourquoi il ne faut - de grâce ! - surtout pas tomber dans une psychanalyse de pacotille. Nous avons ici trois mecs, un bellâtre bouffi, un japs mi-sucre mi-poivre, et un têtard, qui voyagent d’un rêve à l’autre, espionnage industriel oblige. Ils y chipent des informations secrètes tout en se castagnant sans répit, à mains nues, au couteau, au pétard, à la sulfateuse et autres explosifs bassement spectaculaires. Bon, mais cette fois, on va demander au chef de l’équipe, Cobb de son nom, et expert génial en matière de manipulations de subconscient, de faire l’inverse. Savoir amener le fils d’un richissime nabab à faire quelque chose contre son gré en lui bousculant la cervelle. Les expéditions reprennent donc d’une étape à une autre et ce jusqu’au fin fond du tréfonds de l’ultime stade du rêve. Certains trouvent ce film peu intelligible ; or il n’est que par trop clair ; au début, certes, il faut s’accrocher un peu, mais très vite on comprend l’astuce, et les actions et les personnages nous laissent rapidement insensibles - aucun suspense, aucune émotion - parce que nous savons parfaitement que nous sommes dans un rêve x, y ou z. Mais attention, au-delà nous avons tout de même une histoire d’amour pire qu’impossible entre Cobb et sa femme suicidée. En effet, autrefois ils plongèrent dans le rêve le plus insondable qui les rendit si heureux qu’ils y restèrent pendant fort longtemps ; le jour où ils décident de revenir à la réalité, à la suite de moult tripatouillages cérébraux, l’épouse est persuadée qu’elle est dans un autre rêve et en déduit que pour revenir à la vraie réalité la seule solution est de se donner la mort. Dans tout ce méli mélo, contrairement à ceux qui prétendent qu’il s’agit là d’un film d’auteur qui s’adresse à un large public, il n’y a nulle réflexion profonde, nulle scène surréaliste et surtout pratiquement aucun moment où l’on doute et où l’on est pleinement dans le film. La seule idée qui se dégage, nous la ressentons juste à la fin lorsque Cobb ayant rempli sa mission, peut revenir enfin dans le monde réel pour y retrouver ses deux enfants ; nous avons droit à quelques minutes finales absolument prenantes et qui enfin nous font douter de cette réalité irréelle tout en étant vraie et en sonnant faux. Alors, Gaston, tout ça, c’est du rêve ou du pipeau ?

PS : Au moment de leur réveil les gars entendent une chanson de Piaf. Clin d’oeil à la môme Cotillard ?

 




 

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