AVRIL 2010

Semaine 15/17 Du 14-04-2010 au 04-05-2010


LES CHEVRES DU PENTAGONE - (The Men Who Stare at Goats) de Grant Heslov. (7/20)
USA - Couleur, 1h34 - 2009.
Avec : George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey, Robert Patrick.

Comédie : Un jeune journaliste (Ewan McGregor) en quête de scoop, et presque au bord du désespoir, rencontre deux soldats américains aux pouvoirs paranormaux dont le fameux Lyn Cassady (George Clooney). Il suivra ce dernier qui doit accomplir une mission secrète en Irak où ils finiront par retrouver le fondateur du département, un certain Bill Django (Jeff Bridges) ainsi que le redoutable salopard, directeur d’une prison, Larry Hooper (Kevin Spacey). Il faut absolument insister sur l’importance du casting car c’est les quatre acteurs principaux qui sauvent partiellement le film du désastre. Quant au metteur ne scène, Grant Heslov, apparemment peu inspiré par cette histoire de dingues qui aurait dû être une comédie absurde, déjantée et de préférence irrésistible, a dû se dire que la meilleure solution pour lui afin de tirer son épingle du jeu, était d’assurer une réalisation aussi sobre que solide. En effet, c’est ce qui permet à ce film de fonctionner même en tournant complètement àvide. On voudrait rire... mais... on ne parvient la plupart du temps qu’à sourire... à l’exception de certaines scènes tout de même franchement hilarantes. Ajoutons à cela, il est bon de le redire, quatre comédiens exceptionnels qui ont eu la même démarche sérieuse et sobre. Clooney, par exemple, en changeant totalement de registre, nous propose et nous impose par son talent - sans alourdir son jeu d’une seule petite grimace - un personnage aussi invraisemblable que drôle et... finalement crédible. Après quoi, on va encore dire que les comédiens ricains en font toujours des caisses... Pour réussir une “toile” - ou du moins la sauver, il est bon aussi de posséder du savoir-faire. Avis aux branleurs pseudo-cinéastes ou pseudo-comédiens. Précisons que le bouquin ainsi que le film s’inspirent de réelles tentatives du gouvernement américain d’utiliser le paranormal dans leur armée... !

 


THE GHOST WRITER - de Roman Polanski. (20/20)
France - Couleur, 2h08 - 2009.
Avec : Ewan McGregor, Pierce Brosnan, Olivia Williams, Kim Cattral, Tom Wilkinson, Timothy Hutton, Robert Pugh et Eli Wallach.

Espionnage : Un gars est amené à remplacer un “nègre” - plus élégamment appelé “ghost” en anglais - mystérieusement disparu lors d’un accident, qui rédigeait les mémoires plus ou moins traficotées du “Premier Sinistre” british, Adam Long. Il va accepter ce job fort bien rémunéré et effectué dans le plus grand confort matériel... mais, de fil en aiguille, va se rendre compte qu’il y a anguille, que dis-je... crocodile sous roche. Son boulot, il va très vite le faire sous haute tension... jusqu’aux révélations finales, dont une très inattendue... On ne dévoile un suspense. Surtout aussi brillamment mené. Disons, tout simplement, que d’emblée l’on est captivé pour ne plus être lâché jusqu’à la fin... tout en se demandant parfois pourquoi et par quoi l’on est si accroché... Par la magie du cinoche, voilà tout. Tu parles, il faut être sacrément magistral pour faire haleter le spectateur sans aucun artifice du genre scène d’action castagneuse, sang, plaie et bosses, sans nulle course poursuite bagnolesque etc. Il s’agit plutôt d’une intrigue aux “petits oignons” (du genre plutôt classique, pourtant !) enrobée d’une finesse et d’une élégance rares. Quant aux interprètes, ils sont tous prodigieux - ce n’est pas pour rien que Polanski clame depuis toujours que c’est avec les acteurs anglais qu’il préfère travailler, n’ayant pour seul souci que l’embarras du choix. Dans les seconds rôles, on a Wilkinson, Hutton, Pugh ou encore un Eli Wallach terriblement marqué par l’âge mais toujours aussi charismatique. Les premiers rôles, eux, ce n’est pas la peine de faire un dessin, sauf pour insister sur la composition pour le moins étonnante de l’ex-James Bond, j’ai nommé Pierce Brosnan - qui nous avait quelque peu caché l’étendue de son talent. Sans abuser de comparaisons, Maître Hitch n’aurait pas fait mieux.

 


LA REVELATION - (Sturm) de Hans-Christian Schmid. (6/20)
Allemagne / Hollande / Danemark - Couleur, 1h45 - 2008.
Avec : Kerry Fox, Anamaria Minca, Stephen Dillane, Rolf Lassgard, Kresimir Mikic.

Drame : On a arrêté Goran Djuric ! Enfin. Après dix années de recherches. Il s’agit d’un ex-général serbe ayant commis des crimes contre l’humanité lors des guerres civiles en Yougoslavie. Le TPI de La Haye va pouvoir maintenant s’en occuper avec l’appui d’un témoin direct. Mais le témoin n’est pas un témoin direct. Il est vite confondu et se suicide. Ce qui va diriger les enquêteurs vers sa frangine, qui elle... est pour le moins directement concernée par les exactions de Djuric et de ses complices. Enlèvement, séquestration et viol. La grande fête, quoi ! Le problème de ce film emberlificoté est qu’il s’agit d’une coproduction très hétéroclite, et bien que les langues serbe ou allemande y soit respectées, tous les autres protagonistes jactent anglais. Alors, on ne sait plus qui est madame le procureur (Kerry Fox)... D’où vient-elle... British ou autre... Son amant, un acteur danois, allemand ou hollandais (?), aboie approximativement dans la même langue qu’elle... Etc. Donc, on ne sait plus qui est qui ni qui baise qui.... ! Et, c’est là le plus grave. Car on nous annonce sans vraiment le dire tout en le chuchotant que le Djuric bénéficierait de protections politicardo-machin-chose et que l’ONU tremperait dans cette magouille plutôt scatologique... Par ailleurs, s’agit-il d’un film proposant une réflexion humaniste et politique, ou n’est-ce qu’un simple polar à suspense ? Où est la vraie révélation ? Difficile à dire tant on est embrouillé... Tout cela est un peu vague, mon cher Watson !

 



 

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