OCTOBRE 2010

Semaine 42/43 Du 21/10/2010 au 02/11/2010


DES HOMMES ET DES DIEUX - de Xavier Beauvois. (10/20)
France - Couleur, 2h00 - 2009.
Avec : Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin, Philippe Laudenbach, Jacques Herlin, Loïc Pichon, Xavier Maly, Jean-Marie Frin, Abdelhafid Metalsi, Sabrina Ouazani, Abdallah Moundy, Adel Bencherif, Olivier Perrier, Farid Larbi.

Drame : De 1993 à 1996, vie et mort de huit moins français chrétiens dans un monastère perché dans les montagnes du Maghreb. Il s’entendent très bien avec leurs frères musulmans; mieux, ils portent secours, notamment au plan médical, aux autochtones du petit patelin voisin. Mais, les intégristes musulmans sèment la terreur dans la région, en massacrant notamment des travailleurs croates. L’armée propose ses services pour aider les moines. Ils ont la possibilité de quitter les lieux. Mais il s’y refusent. Sur la forme, je n’ai aucun reproche particulier à exprimer. En revanche, sur le fond, il y a beaucoup à dire. L’histoire est authentique - tout le monde s’en souvient - et ce film s’en inspire aussi fidèlement que possible. Le problème n’est pas là. C’est le fait que ces braves (sans ironie aucune) moines ne respectent pas la doctrine chrétienne. Aide-toi et le Ciel t’aidera est un vieil adage qui vaut aussi bien pour les athées que pour les croyants. Je pense qu’il est tout à fait erroné de dire (comme on l’entend à deux reprises dans le film), j’ai donné ma vie à Dieu; beaucoup plus correcte me semble la phrase : je consacre ma vie à Dieu. Car, tout bonnement, donner sa vie à Dieu - outre l’aspect prétentieux - est une forme de suicide. Suicide hautement prohibé par la chrétienté. Péché mortel, cas de le dire. Par ailleurs, le fait de vouloir rester afin de continuer à aider la population du patelin est absurde. Une fois mort, on ne sert plus à rien. Ils auraient très bien pu aller faire le bien ailleurs. Comme quoi, même dans une démarche irrationnelle, on ne peut se passer de logique. Cela dit, la réalisation est impeccable et les acteurs sont tous absolument exceptionnels. Mention spéciale à Michael Lonsdale dont l’aisance désormais légendaire est quasi fascinante; mais, j’ai un faible pour Jacques Herlin (Amédée). Ce “petit vieux”, que j’ai connu dans les soixante via les écrans des salles obscures, à l’époque où il tournait essentiellement en Italie - parfois même dans des westerns - qui a toujours semblé âgé... eh bien, il est toujours là ! L’émotion qu’il dégage est telle qu’il ne joue même plus la comédie, il est confondu avec le personnage et avec son visage expressif, ses sourires et ses larmes, il fait tantôt l’effet d’un saint, tantôt d’un garçonnet ou encore d’un lutin. Allez, Herlin, vivez donc jusqu’à cent vingt ans et après... meure qui veut ! Quant à Lambert Wilson, je me demande quelle impression il a eu en tournant coup sur coup deux films très branchés religion, celui-ci puis La princesse de Montpensier. Toujours est-il que j’eusse franchement préféré que ce film n’eût jamais lieu d’exister. Que les moines fussent restés en vie et non pas massacrés par des extrémistes fous furieux. Putain d’obscurantisme.

 


MAGMA - de Pierre Vinour. - (Avant-première / Sortie : le 17.11.2010) (0/20)
France - Couleur, 1h38 - 2008.
Avec : Mehdi Nebbou, Natacha Régnier, Arly Jover, Aurélien Recoing, Lise Tiersen.

Drame psychologique : Lors d’un séminaire en Auvergne, le gars Paul Neville, un agoraphobe, nous dit-on, qui ne quitte jamais Paris, rencontre une voisine de chambre dans son hôtel. Ils se jettent rapidement dans les bras l’un de l’autre - après toutefois avoir pratiqué une relation sexuelle par téléphone, chacun se masturbant de son côté - c’est nouveau, ça vient de sortir - et le mariage de Popaul va s’en ressentir... Un jour, juste après avoir décidé de se barrer ensemble à peu près n’importe où, la femme disparaît. On retrouvera son cadavre plus tard, quelque part dans la nature. Qui est le meurtrier ? Les soupçons de la police s’orientent rapidement sur Neville, qui au moment de l’agression de sa voisine a été victime d’une crise nerveuse aiguë... Le scénario de cette vidéo-imagerie est à peine digne d’un enfant de dix ans. On a vu cela des centaines de fois, et, comme on ne peut s’empêcher de repenser à Psychose , le chef-d’oeuvre de Hitchcock, on rit presque aux éclats - au second degré bien évidemment. Je n’irai pas plus loin dans l’énumération des défauts et tares de cette chose que d’aucuns considèrent comme du cinéma. Cela devient lassant, depuis déjà un certain nombre d’années, de voir le crétinisme d’une grande partie des produits dits cinématographiques français. C’est une honte. C’est un scandale.

 


LES PETITS MOUCHOIRS - de Guillaume Canet. (0/20)
France - Couleur, 2h34 - 2009.
Avec : François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte, Valérie Bonneton, Joel Dupuch, Pacale Arbillot, Anne Marivin, Jean Dujardin, Hocine Mérabet, Louise Monot, Maxim Nucci, Mathieu Chédiid, Edouard Montoute, Sara Martins.

Comédie dramatique : Et la fête continue ! Canet, qui nous avait fait une petite promesse avec Ne le dis à personne, s’embourbe à son tour dans une non-histoire avec des non-personnages, particulièrement peu crédibles et d’une mièvrerie consternante. Ah, ces scènes mélodramatico-sentimentales où les violons se déchaînent ! Mais où va-t-on ? En gros, t’as un mec, tout au début, qui sort d’une boîte de nuit complètement pété, enfourche sa moto et se viande gravement - comme on s’y attendait, d’ailleurs. Il est maintenant à l’hosto et ses copains et pines sont tout trisses passque ils devaient tous partir ensemble en vacances comme chaque année. Bon, les potes décident finalement d’y aller sans lui... et c’est là que, tout d’un coup tout le monde a des problèmes sentimentaux, l’un parce qu’il vient de se faire larguer, l’autre parce qu’il en marre de sa compagne ou de son mari. N’oublions pas l’essentiel. Avant le départ en vacances, t’ as Vincent qui invite son pote Max au resto pour lui annoncer quelque chose de très important. En fait, il veut lui déclarer son amour amical et nullement homosexuel en commençant par : j’aime tes mains... Max, qui est un grand nerveux susceptible va se fâcher tout rouge et durant toutes les vacances va nous faire chier avec ça et ses crises de nerfs à répétition. François Cluzet (Max) nous sert ça façon caricature de Louis de Funès. En beaucoup moins drôle quand même. Ah, les gars, je suis fatigué de me répéter... Seulement, il est bien triste qu’une telle toile et qui a coûté bonbon existe. Et le public qui suit ! Près d’un million quatre cent mille entrées/France en première semaine ! Mais où ils sont passés les gens normaux et équilibrés ? Et puis, alors, il t’en balance pour deux heures et trente-quatre minutes, l’enfoiré... !

 


 

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