SEPTEMBRE 2013

Semaine 38/39 Du 18/09/2013 au 01/10/2013


GRAND CENTRAL - de Rebecca Zlotowski. - (13/20)
France - Couleur, 1h34 - 2012.
Avec : Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Libéreau, Nahuel Perez Biscayart, Nozha Khouadra, Camille Lellouche.

Drame : Le jeune homme Gary vit de petits jobs... jusqu’au jour où, dans une petite ville de la région Rhône-Alpes, il dégote un boulot de merdeux dans une putain de centrale apocalyptique. Pour un salaire moyen, il encourt tous les risques. Nombre de ses collègues sont terriblement irradiés. C’est monnaie courante, pourtant l’on ne nous en parle guère. L’énergie nucléaire est prétendument la moins chère. T’as qu’à regarder de plus près ta facture EDF, Raoul ! Bref, dans cette petite ville, c’est la sinistrose qui règne; comme dans un film d’anticipation pessimiste des années soixante. Gary s’y fera des copains. Gilles ou Toni, par exemple. Ils marnent tous pour les esclavagistes assassins des temps modernes. Il y aura aussi la belle allumeuse Karole, la fiancée de Toni... Dont Gary va s’éprendre... Double merdier pour lui : la centrale et la nana d’un collègue. Surtout qu’elle ne sait pas trop ce qu’elle veut la Karole. La réussite du film réside dans l’ambiance particulièrement atomisée... et bien sûr, cette toile bénéficie d’une interprétation exceptionnelle. Passons sur Tahar Rahim dont il n’est plus besoin de vanter les mérites; Olivier Gourmet non plus, on ne le présente plus; mais l’on y découvre un certain Denis Ménochet (Toni) étonnant de justesse. Quant à Léa Seydoux, outre son talent, nippée sexy, elle fait hurler les mâles. Du bon cinéma triste.

 


MACHETE KILLS - de Robert Rodriguez. - (11/20)
USA - Couleur, 1h47 - 2012.
Avec : Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Sofia Vergara, Amber Head, Demian Bichir, Mel Gibson, Carlos Estevez (Charlie Sheen), Jessica Alba, Cuba Gooding Jr., Antonio Banderas, Vanessa Hudgens, Walt Goggins, Lady GaGa, Alexa Vega, Marko Zaror, Samuel Davis, Tom Savini, Electra Avellan, Elise Avellan, Edgar Arreola.

Aventures : Le grand retour du justicier indépendant qui cogne fort ! Cette fois, c’est le président des Etats-Unis lui-même qui lui demande de sauver le pays. En effet, un fou furieux, chef de cartel mexicain, menace d’envoyer un missile nucléaire ! Rien que ça ! Machete qui, par-dessus le marché, vient de perdre une amie aventurière tuée sous ses yeux est légèrement en colère. Alors, ça va saigner ! Comme en plus il est immortel... Rodriguez nous sert cette fois une série Z réalisée aux petits oignons assez réussie car elle nous fait hurler de rire. Les scènes d’action à la violence exacerbée sont géniales d’idiotie, c’est le foutoir. Les nanas sont toutes du genre putasses canon et plutôt énervantes dans le genre vulgaros sensuel. Il en va ainsi de l’insupportable poupée blonde Amber Head ! Voilà une innocente partie de rigolade qu’on a le droit d’aller savourer et qui est bizarrement interdite aux moins de douze ans... Danny Trejo est succulent avec sa tronche et sa corpulence d’une horreur sublime. A côté de lui, Anthony Quinn dans le rôle de Quasimodo, c’est Alain Delon dans La tulipe noire. Ancien taulard, Danny tourne depuis pas mal d’années grâce à son cousin Robert Rodriguez - pour notre plus grande joie. Déconseillé aux pisse-froid.

 


MICHAEL KOHLHAAS - de Arnaud des Pallières - (17/20)
France / Allemagne - Couleur, 2h02 - 2012.
Avec : Mads Mikkelsen, Mélusine Mayance, David Bennent, Delphine Chuillot, Bruno Ganz, Denis Lavant, David Kross, Roxane Duran, Amira Casar, Sergi Lopez, Jacques Nolot, Paul Bartel, Swann Arlaud, Christian Chaussex, Jean-Louis Coulloc’h.

Drame : Troisième adaptation cinématographique - après celles de Max Haufler en 1937 et de Schlöndorff en 1969 - de l’oeuvre de Heinrich Von Kleist (1810). Arnaud des Pallières a finement transposé les mésaventures du héros tourmenté dans les Cévennes, fief protestant, au XVIe siècle. Un marchand de (superbes) chevaux est sérieusement grugé par un baronnet - seigneur des terres où vit Kohlhaas. Ce petit con a endommagé deux de ses plus beaux animaux. Alors, Michael, victime de bien d’autres malheurs, va se mettre en rogne, soulever toute une population de pauvres paysans, et mettre à feu et à sang la région. Les scènes d’action, fort violentes, sont formidablement orchestrées. L’on ne voit presque pas une goutte de sang pendant un massacre d’hommes, femmes, enfants et chiens. Les arbalètes sifflent, l’on voit la direction des flèches - mais, l’on ne fait que deviner les victimes. D’une manière générale, il s’agit d’un film “art et essai” à grand spectacle. L’auteur de l’affligeant Adieu en 2003 s’est ici transfiguré. Et ce fameux Michael Kohlhaas, que va-t-il devenir, déchiré entre son orgueil et sa foi en dieu ? Suite à une longue séquence où intervient un pasteur génialement incarné par Denis Lavant à la présence dingue, il va réfléchir et finalement prendre une autre direction. Sa femme étant morte, il ne lui reste plus que sa fillette. Quel avenir pour elle ? On ne raconte pas la fin d’un film, mais celle-ci est sublime. Implacable et bouleversante. Grâce à l’incommensurable comédien Mads Mikkelsen notamment. Dans ce film qui se passe en France, tout le monde parle français, y compris les acteurs allemands ou le Danois Mads. Pour ceux que cela pourrait rebuter, je précise que le résultat est aussi insolite que magnifique.

 



 

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