FEVRIER 2014

Semaine 6 Du 05/02/2014 au 11/02/2014


LES BRASIERS DE LA COLERE - (Out of the Furnace) de Scott Hooper - (19/20)
USA - Couleur, 1h56 - 2013.
Avec : Christian Bale, Casey Affleck, Woody Harrelson, Willem Dafoe, Zoë Saldana, Sam Shepard, Forest Whitaker, Tom Bower, Charles David Richards, Aaron Toney.

Drame : Etats-Unis. Haute tension à Braddock, petite banlieue ouvrière. Les deux frères Blaze, Russell et Rodney auront un parcours fort différent en ces lieux de misère très ordinaire. Russell, l’aîné, bosse à l’usine comme son père, désormais mourant, le fit durant toute sa vie; Rodney, le plus jeune, tente sa chance, espérant échapper à la fatalité sociale, en Irak en s’engageant dans l’armée. Au bout de quatre épisodes, il n’en peut plus. Il est de plus en plus désorienté, traumatisé et largement fêlé. Après un accident de merde, Russell se retrouve en prison et ne peut plus faire grand chose pour le frangin. Ce dernier va se mettre à jouer et à se vendre dans des combats de boxe clandestins. Son financier est un certain John Petty usurier de son état. A force de ne pas vouloir “se coucher” face à ses adversaires, son boss perd du pognon et ne veut plus entendre parler de lui. Cependant, Rodney va se lancer - “une dernière fois” - dans un combat impossible. Cette fois, c’est le redoutable Harlan DeGroat avec sa bande de montagnards qui mène la danse. Le gars Harlan est complètement jeté à force de se shooter jusqu’aux yeux et absolument implacable et imprévisible. Un terrible bain de sang s’ensuivra. Jusqu’à la scène finale et sans appel où Russell venge son jeune frangin. Voilà un film qui va jusqu’au bout. Cruel à vomir, brutalement réaliste voire insupportable, mais, qui fonctionne à merveille. Du travail d’horloger sataniste qui ravit les masochistes - dont moi (?). Pour les autres, ceux qui apprécient moins, il reste un casting ébouriffant ! Christian Bale et le fascinant tordu foldingue Casey Affleck sont les deux frères Blaze; Woody Harrelson est proprement terrifiant dans le rôle de Harlan, le cogneur déséquilibré. Sans parler de Forest Whitaker ou de Willem Dafoe qui incarne l’usurier-gangster.Quant à tonton Sam Shepard, il revient au secours du héros (?) principal - tout comme il le fit récemment dans Mud. Un régal pour ceux qui ont l’estomac solide.

 

 


LE DEMANTELEMENT - de Sébastien Pilote - (15/20)
Canada - Couleur, 1h52 - 2013.
Avec : Gabriel Arcand, Gilles Renaud, Lucie Laurier, Sophie Desmarais, Johanne Marie Tremblay, Dominique Leduc, Pierre-Luc Brillant, Normand Carrière, Eric Laprise.

Drame : Québec. Gaby, éleveur de moutons, âgé de 63 ans, vit seul dans sa propriété. Ses deux filles sont largement majeures et vaccinées et il est séparé de sa femme qui l’a quitté pour épouser un autre homme. Gaby est increvable. Lorsqu’il prend trois jours de repos, il se sent fainéant. C’est un homme de la terre, entouré d’une nature sereine et splendide. Seul, son ami et comptable lui rend visite assez régulièrement. Un gars sympa comme un coeur et bon comme le bon pain. Le jour où Marie, la fille aînée de Gaby, vient lui rendre visite, tout bascule. Elle a besoin d’argent pour cause de divorce et de rachat de sa part de sa maison dont elle est copropriétaire avec son futur ex. Elle a deux enfants. La propriété du père ne vaut pas bézéf d’une part, et, d’autre part, Gaby n’est pas prêt pour la retraite et la vie en ville serait pour lui une sorte de suicide. Il est acculé car, ce qu’il respecte le plus en ce bas monde, c’est son travail et sa famille. Après avoir rendu visite à son ex-épouse qui refuse de se rabibocher avec lui, il est de plus en plus isolé. Moralement assommé par ce choix pour le moins cornélien et malgré les reproches et la colère de son ami comptable, sa décision est prise. Il va démanteler, savoir vendre aux enchères, toutes ses bêtes et l’intégralité de la propriété. Sa deuxième fille, Frédérique, lui rend également visite à la surprenante. Dans des séquences touchantes, ils se font leurs adieux... (?) Pas sûr. La vie continue quand même... Voilà un film idéal - tout juste très bon - pour un garçon turbulent comme Mézigue qui aime la bagarre. Reposant. Rassérénant. La réalisation est sans faute aucune et Gaby est un personnage bien plus proche du philosophe Alain (n’oublions pas qu’il fut lui aussi un fils de paysans normands) que d’un malheureux John Ford... auquel certaines mauvaises langues bien pensantes ont osé le comparer. A voir tout de suite après le film de Scott Hooper pour se réconcilier avec l’humanité. Et aussi pour Gabriel Arcand qui est, en un mot, sublime !

 

 


PHILOMENA - de Stephen Frears -(10/20)
Grande-Bretagne - Couleur, 1h38 - 2013.
Avec : Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark, Anna Maxwell Martin, Peter Hermann, Michelle Fairley, Barbara Jefford, Ruth McCabe, Mare Winningham, Simone Lahbib, Kate Fleetwood, Sean Mahon, Charles Edwards, Xavier Atkins.

Drame : Grande-Bretagne. Madame Philomena Lee, d’origine irlandaise, une femme d’un âge très respectable, ne parvient pas à oublier son fils Anthony qui lui fut arraché par des nonnes diaboliques - dont une, Hildegarde, aussi hilarante qu’exécrable. Elle était, en ce temps-là, dans les années cinquante, en Irlande, une jeune adolescente qui s’était retrouvée enceinte par accident dû à son innocence juvénile. On la jugea trop jeune pour garder l’enfant. Son père ne voulut pas la prendre en charge et l’envoya chez Satan le père dans un maudit couvent. Anthony fut adopté, à l’âge de trois ans - comme c’était l’habitude en ces lieux saints où l’on pratiquait le trafic d’enfants - par des Américains très riches - autre particularité de ce type de kidnapping mercenaire. Sans compter les souffrances endurées par un bon nombre de mères esclavagisées, délivrées de leur progénitures dans des conditions inqualifiables et certaines en mouraient et étaient enterrées dans le jardin du couvent. Aujourd’hui donc, Philomena, après avoir tout tenté pour récupérer son bambin durant des années, va incidemment rencontrer un journaliste au chômage, Martin Sixmith. Il va persuader Lady Lee de le suivre aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony. La première partie, y compris les retours en arrière, est fort bien enlevée, histoire, personnages, rythme à l’ancienne. On jubile, impatient de voir la suite. Malheureusement, c’est à partir de l’aventure américaine que tout se gâte. Le rythme si bien enlevé devient précipité et nous assistons à bon nombre d’invraisemblances - même si le scénario s’inspire directement de faits authentiques. Il est clair que le script et évidemment la mise en scène y sont pour quelque chose. Il nous reste Judi Dench et le so british Steve Coogan. Et ce n’est pas rien.

 

 

 

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