FEVRIER 2014

Semaine 9 Du 19/02/2014 au 04/03/2014


AMERICAN BLUFF - (American Hustle) de David O. Russell - (6/20)
USA - Couleur, 2h18 - 2013.
Avec : Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner, Robert De Niro, Louis C. K. , Michael Pena, Jack Huston, Anthony Zerbe.

Policier : Superbe traduction comme d’habitude. Bluffer signifie en français tricher aux cartes notamment; en anglo-américain, to bluff, : défier “ devine si je triche...” Hustle en anglais : bousculade, pagaille, confusion. Gamble: coup risqué. Cheat : tricherie. Arnaquer, rouler, escroquer : to swindle en british. Etc. Ici, c’est, cas de le dire, American Confusion. Il n’y a que De Niro, éternel mafioso, qui ne triche pas. A peine dix petites minutes de présence et il baise tout le monde, y compris le public. Et, il renvoie ainsi se faire torcher les gamins, y compris Bale - ainsi que les gamines Adams, en pute sexy à outrance, et Jennifer Lawrence, vieillie et enlaidie. Rien à dire. Bravo papy, c’est toi le meilleur.

 

 


TEL PERE, TEL FILS - (Soshite Chichi ni Naru) de Hirokazu Kore-Eda -(6/20)
Japon - Couleur, 2h01 - 2012.
Avec : Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Lily Franky, Yoko Maki, Keita Ninomiya, Shogen Hwang, Jun Fubuki, Kirin Kiki.

Drame : Ryoata est un jeune architecte plein d’avenir, fier et arrogant comme seul un Japonais peut l’être. Son épouse et leur fiston de six ans sont apparemment soumis mais heureux. Arrive un jour de grand malheur. L’hôpital dans lequel la maman a donné vie à son garçonnet leur apprend qu’ils ne sont pas les parents biologiques de leur progéniture vu qu’il y a eu, à l’époque, un échange involontaire de bébés. L’autre garçon est issu d’un couple beaucoup plus modeste, et finalement plus sympathique. Comment arranger ce terrible cas de conscience... ? Les deux garçons se sont naturellement habitués à leurs parents involontairement adoptifs et ont des sentiments mitigés envers leurs vrais pères et mères. Pas si vrais que cela. Dilemme. Les parents respectifs décident de changer à tour de rôle la garde de chacun des fistons... mais rien n’y fait... Quoique... Le spectateur finit, au bout d’un moment, par les confondre... Au passage, il y a une fort belle scène entre l’un des deux garçons et son père vrai ou faux, qu’importe. La scène des “pourquoi”. Chaque fois que le père affirme que ceci ou cela est impossible, le gamin lui répond inlassablement “pourquoi ?”. Il faut se méfier des petiots, ils possèdent une spontanéité qui déstabilise les grandes personnes et posent ingénument les vrais questions. Ainsi, les deux familles se fondent et se confondent également. Le début de deux familles recomposées ? Ou mieux, d’une grande amitié au-delà des liens du sang... ? Intéressante idée qui laisse songeur. Malheureusement, le film est par trop démonstratif et caricatural. Dommage, car les acteurs sont plutôt valables.

 


12 YEARS A SLAVE - de Steve McQueen - (20/20)
USA - Couleur, 2h13 - 2013.
Avec : Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Garret Dillahunt, Paul Giamatti, Scoot McNairy, Lupita Nyong’o, Brad Pitt, Alfre Woodard, Sarah Paulson, Adepero Oduye, Michael K. Williams, Chris Chalk, Taran Killam, Bill Camp.

Drame : Nous sommes aux States, quelques années avant la guerre de Sécession. Solomon Northomp est un jeune Noir épanoui. Il a une petite famille qui vit d’une manière relativement aisée. Un jour, pendant l’absence de sa femme partie travailler dans une propriété durant quelques jours, Solomon se promène tranquillement dans les rues de Saratoga Springs (état de New York) , non sans afficher une certaine fierté quelque peu bourgeoise. Il va croiser un monsieur affecté qui va lui présenter deux autres messieurs de la “haute”. Ces deux personnages, fort élégants, sympathiques et courtois vont lui proposer de s’associer à leur démarche philanthropico-artistique. Ils sont à la recherche de personnes possédant un certain talent. Cela tombe bien, Solomon est un excellent violoniste. Ils l’invitent dans un restaurant de luxe, l’enivrent de vin (avec un ajout de drogue sans doute) à l’excès et notre brave protagoniste tombe dans le coma après avoir vomi quelques litres et kilos. Il se retrouve un peu plus tard dans une sorte de cellule et va bientôt comprendre qu’il a été kidnappé afin d’être esclavagisé - dans des champs de coton de préférence. C’était la grande mode à l’époque. Cependant, malgré l’illégalité de ce méfait, Solomon a beau protester et crier, rien n’y fera. Il va faire un voyage plaisant jusqu’à la Nouvelle-Orléans, sous le nom de Platt et être sélectionné par un maître plutôt tolérant - un certain William Ford. Après une grave altercation avec un sous-chef du maître, il restera à moitié pendu durant des heures avant que Ford ne revienne pour le délivrer et l’envoyer par précaution dans une autre plantation - en Louisiane - dont le maître Edwin Epps est un sale bonhomme quelque peu violent. En fait, il s’agit d’un fou furieux obsédé par la possession de personnes humaines entre autres. L’épouse du flingué de la cervelle n’est pas mal non plus dans son genre. Grâce à sa culture, son intelligence et de beaucoup d’endurance et de courage, Solomon-Platt parviendra à survire à douze ans d’esclavage - grâce aussi à un abolitionniste canadien joué par Brad Pitt. Ce dernier fera parvenir à Saratoga une lettre de notre malheureux héros. Malgré les protestations hystériques de maître Epps et de son épouse tarée, il sera remis en liberté. Il s’agit de faits réels écrits dans une autobiographie par Solomon Northomp lui-même. Je ne suis pas toujours très en avance pour commenter certains films et le public n’a pas attendu mon avis pour se rendre massivement dans les salles obscures. Ainsi, ce chef-d’oeuvre épuisant, cumule à l’heure actuelle environ un million et demi d’entrées en France - et c’est loin d’être fini. Cependant, lorsque je lis certaines critique où l’on qualifie Steve McQueen de sadique, je suis pour le moins en désaccord. McQueen est un cinéaste perfectionniste, pointu et pointilliste qui pratique le style réaliste jusqu’au surréalisme. Il est excessif mais sans outrance. Lorsqu’il nous montre pendant une éternité la jeune esclave Patsey en train de se faire fouetter à mort, ce n’est pas pour nous faire pleurer sur le sort de la victime, mais plutôt pour nous donner envie, la rage au ventre, de plonger dans l’écran afin d’étouffer le tortionnaire. Il insiste - même si n’est pas du goût de tout le monde - sur l’extrême cruauté folle et la monstruosité dont est capable, ce grand accidenté de la nature, qu’est l’être humain. Mais cela, je l’ai déjà dit quelque part. Pour ce qui est des interprètes - sans parler du reste - ils sont prodigieux. Chiwetel Ejiofor dans le rôle de Solomon, le génial Fassbender dans celui d’Epps et, bien sûr la bouleversante Lupita Nyong’o, oscarisée pour son premier rôle au cinéma dans le rôle de Patsey. Deux autres oscars largement mérités ont été décernés à cette toile magistrale : meilleur film et meilleur scénario adapté. Le cinéaste McQueen a dédié son film aux 21 millions de personnes escalvagisées aujourd’hui. Une histoire sans fin ?

 

 

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