MARS 2014

Semaine 10/11 Du 05/03/2014 au 18/03/2014


LA BELLE ET LA BÊTE - de Christophe Gans - (7/20)
France / Allemagne - Couleur, 1h52 - 2013.
Avec : Vincent Cassel, Léa Séydoux, André Dussollier, Eduardo Noriega, Myriam Charleins, Yvonne Catterfeld, Sara Giraudeau, Audrey Lamy, Jonathan Demurger.

Fantastique : Il état une fois un conte de fées écrit (d’après Jeanne-Marie Leprince de Beaumont) et réalisé par Jean Cocteau - assisté techniquement par un certain René Clément. C’était en 1946. Tout le monde connaît l’histoire : afin de sauver son père de la vengeance de la Bête, Belle accepte d’aller au château du monstre. Cette fois, la trame est à peu près la même, mais Gans ne parvient pas à nous convaincre (contrairement à sa remarquable réussite avec Le pacte des loups, 2001). En effet, où sont passés, le charme, la poésie et l’émerveillement qui furent omniprésents dans l’ancienne version ? On ne trouve plus la sensualité et, dans le fond, la gentillesse de la Bête. Elle est agressive et méchante... et en souffre certes, mais d’une façon purement égoïste. Plus de romance, plus d’histoire d’amour surréaliste. Gans cède à la mode et nous sert des géants de la forêt plastico-informatisés censés nous impressionner - or, ils nous désolent ou bien nous font sourire... Il y a aussi des castagnes qui font tache ! Du reste, les interprètes ne conviennent pas du tout à leurs personnages - que ce soit Vincent Cassel, trop moderne voire un peu voyou ou encore Léa Seydoux qui manque, malgré sa joliesse, de grâce surannée. Ne parlons pas d’André Dussollier qui est totalement en décalage avec l’âge du père. (Il aurait pu se laisser pousser la barbe et baisser sa voix ! Il paraît que c’est un comédien, merde !). Seule Sara Giraudeau a su trouver le ton juste en pétillante chipie mignonne à croquer. Au final, la Bête ne redeviendra pas “le prince charmant”, mais, va se retrouver travailleur agricole et pedzouille à tout faire dans la demeure de Belle et de son papa. Un conte de fées marxiste.

 


DANS L’OMBRE DE MARY / La promesse de Walt Disney - (Saving Mr. Banks) - de John Lee Hancock - (13/20)
USA - Couleur, 2h13 - 2013.
Avec : Emma Thompson, Tom Hanks, Colin Farrell, Paul Giamatti, Jason Schwartzman, B. J Novak, Bradley Whitford, Ruth Wilson, Rachel Griffiths, Katy Baker, Dendrie Taylor.

Comédie dramatique : Il était une fois Mary Poppins ainsi que son auteur, l’intraitable Pamela L. Travers. (J’ai bien écrit auteur et non auteure comme le font les féministes criminels et débiles - ce n’est pas ainsi que je respecte les femmes; d’autant que cette féminisation est outrancière car il y a non respect de la morphologie de la langue française - voir le site de l’Académie). En effet, il faudra vingt ans à Walt Disney pour convaincre Mme Travers. Elle ne veut pas entendre parler de film d’animation ni de comédie musicale ! Notamment. Ce qui nous vaut un parcours de combattant souvent désopilant; car les trois compositeurs et paroliers en verront de toutes les couleurs. Sans parler de Big Walter, qui, fort heureusement, a plus d’un tour dans son sac. Le tout donnera naissance à un chef-d’oeuvre inoubliable. Voilà un film on ne peut plus conventionnel voire cucul la praloche, plein de clichés délibérément réutilisés afin de recréer l’ambiance des années soixante (1961 très précisément) telles qu’elles furent et dans la réalité et au cinéma. Les acteurs jouent la juste partition et, bien que certains risquent de trouver cette histoire concon et la ressemblance de Tom Hanks avec Disney approximative, le spectacle est bien enlevé - et Dieu que c’est agréable.

 


LES JOURS HEUREUX - de Gilles Perret - (20/20)
France - Noir et blanc, couleur - 1h37 - 2013.
Avec : Raymond Aubrac, Robert Chambeiron, Daniel Cordier, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Stéphane Hessel, Léon Landini, Laurent Douzou, NIcolas Offenstadt, Christophe Ramaux et François Bayrou, Jean-François Copé, Nicolas Dupont-Aignant, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon.

Documentaire : Voilà le film que je rêvais de voir depuis au moins quarante ans ! Ce document fondamental m’a laissé bouche bée... et, bien évidemment, je ne sais pas comment le qualifier, ni par où commencer... Il m’a dépassé en montrant, beaucoup plus clairement que je n’ai pu le faire moi-même depuis ma jeunesse et, en rejoignant dans les grandes lignes toutes mes préoccupations allant des problèmes écologiques, économiques ou politiques jusqu’au désastre actuel consistant à tout démolir et en passant par l’an de disgrâce 1980 où l’économie de marché et la mondialistaion de l’esclavage firent leurs débuts terriblement prometteurs, en montrant donc l’origine même de toutes les avancées sociales en France depuis la fin de la deuxième saloperie mondiale. En fait, tout avait commencé pendant l’occupation nazie et la rédaction d’un document établi par le CNR, Conseil national de la Résistance en 1943 et 1944. En toute logique, les résistants dignes du plus haut respect, voulant libérer le pays du joug de la sauvagerie ont de même eu de la suite dans les idées. Ils furent nécessairement dans l’opposition, et, à cette époque-là, il était difficile d’être réactionnaire tout en se révoltant. Absurde. Autrement dit, ce furent des représentants d’un mouvement de gauche et de toutes les familles de gauche. C’est à ce contrat social que nous devons la sécurité sociale, la privatisation des banques et des grands services publics ainsi que de l’émancipation de la presse des puissances économiques. Nous avons la joie de voir dans ce film les témoignages de personnalités telles que, Raymond Aubrac, Léon Landini, Stéphane Hessel ou Daniel Cordier (j’ai dû en oublier plusieurs). En revanche, lorsqu’on nous présente les politicards actuels, c’est une autre histoire - l’histoire au quotidien depuis 34 ans - qui cogne la figure, l’intelligence et la dignité. Bayrou, Dupont-Aignan, Copé, Hollande... Tous coupés, évincés, de la version écourtée diffusée récemment sur Fr 3. Non, il n’y a pas de censure en France ! Dans le lot des personnalités actuelles, nous avons tout de même du positif, Laurent Douzou ou Nicolas Offenstadt, tous deux historiens. Quant aux hommes politiques, seul Mélenchon tient des propos clairs lucides et humanistes.
Rappelons, car c’est très important, que toute l’équipe du film, aux côtés du réalisateur Gilles Perret, se démène pour présenter ce témoignage majeur dans tous les festivals accessibles, dans les ciné clubs et lycées avec force débats après les projections. Et aussi, que le DVD vient de sortir. Les documents d’archives sous forme de livre sont également en vente. Sans oublier de nombreux sites. Il suffit de cliquer sur “Les jours heureux”. Il faut absolument encourager cette démarche, non seulement salutaire, mais indispensable à notre survie. Je pèse mes mots.

 

 

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