MARS 2014

Semaine 12 Du 19/03/2014 au 25/03/2014


THE GRAND BUDAPEST HOTEL - de Wes Anderson - (0/20)
USA - Couleur, 1h40, 2013.
Avec : Ralph Fiennes, Tony Revolori, Fred Murray Abraham, Jude Law, Saoirse Ronan, Mathieu Amalric, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, Harvey Keitel, Bill Murray, Edward Norton, Jason Schwartzman, Léa Seydoux, Bob Balaban, Tilda Swinton, Tom Wilkinson, Owen Wilson, Larry Pine, Giselda Volodi, Zack Michalowski.

Comédie : La famille Tennenbaum, La vie aquatique, Moonrise Kingdom... Chaque fois, j’avais dit : plus jamais ça !!! Et, me voilà, pour la quatrième fois face à Wes Anderson et sa toute nouvelle progéniture monstrueuse. Cherchez pas, dans cette histoire, le con c’est moi. J’avais qu’à pas y aller. Le gars Wes... son problème... c’est qu’il a une case en moins... ou plutôt, mille décalages en trop ! Un tout petit peu de géométrie. Hypothèse : je suis assis dans le canapé de mon salon face à une table basse de 120 cm de long. En partant de la gauche, après avoir tracé une droite que je vais suivre scrupuleusement jusqu’au cent vingtième centimètre, je vais poser une à une des pièces, symbolisant d’abord la réalité sérieuse; puis, à côté, je vais poser une deuxième pièce symbolisant la réalité comique, et, d’emblée, je constate qu’il y a un décalage, toujours de gauche à droite, entre le premier et le deuxième symbole. Je continue en posant une troisième pièce et constate un double décalage... et ainsi de suite. J’arrive au terme des 120 centimètres, après un énième décalage. Cependant, comme je suis gourmand, je veux poser un symbole de plus... alors qu’il n’y a plus de place sur la table dans le sens de la longueur, n’est-ce pas... Cette dernière pièce, je vais la nommer Wes Anderson. Je tiens donc M. Wes Anderson entre mon pouce et mon index : il est à ma merci. Si je lâche M. Wes Anderson, va-t-il tomber sur la table ou bien sur le sol ? Expérience : je lâche M. Wes Anderson et... M. Wes Anderson chute sur le sol. Conclusion : M. Wes Anderson symbolise la chute dans le néant absolu, étant donné que le sol en est le symbole. Enfantin. Vous voulez que je recommence, si vous n’avez pas bien compris ?

 


IDA - de Pawel Pawlikowski - (20/20)
Pologne - Noir et blanc, 1h19, 2013.
Avec : Agata Trzebuchowska, Agata Kulesza, Dawid Ogrodnik, Jerzy Trela, Adam Szyszkowski, Joanna Kulig, Halina Skoczynska, Mariusz Jakus, Izabela Dabrowska.

Drame : J’avais entendu beaucoup de bien au sujet de cette Ida avant d’aller à sa rencontre. Je m’attendais à quelque chose d’intéressant voire de très bien... Or, c’est tout bonnement un pur chef d’oeuvre. Pologne, 1962. Anna, une jeune nonne orpheline élevée au couvent décide d’aller à la recherche de son passé. Elle s’installe dans la maison de sa tante Wanda, seule survivante de l’extermination nazie. Elle va rapidement apprendre qu’elle est juive et que son vrai prénom est Ida. Quant à la mort de ses parents et d’un frère dont elle ignorait jusqu’à l’existence... de fil en aiguille... elle va découvrir des vérités atroces... Le fond est assez classique... mais la forme ! Pawlikowski nous dévoile par petites séquences discrètes l’étendue de la misère et de l’horreur de la nature humaine. Sans rien dire - ou presque - mais en disant infiniment plus que ce que l’on pouvait imaginer apprendre... les émotions que l’on pouvait à peine espérer sont inexprimables avec de pauvres mots... Il s’agit d’une œuvre transcendantale qui dépasse l’entendement. Chaque image, chaque plan est d’une composition fascinante. Les personnages sont écrasés par des cadrages emplis de vide dans le sens vertical. Comme si le ciel compressait tout ce beau monde jusqu’à l’humilité la plus noble... Ce qui est magnifique ici - sans parler des interprètes ni de la musiques sublimes - c’est l’expression de la pureté, de la grâce et de la purification. Car, à la fin, il s’agit bien de purification pour Ida/Anna lorsqu’elle enfile la robe de sa tante, fume une cigarette, boit de la vodka au goulot et couche avec le beau jeune homme - censé devenir son amant pour toujours. Au petit matin, elle quitte le lit silencieusement sans réveiller le garçon, revêt sa soutane et reprend le chemin du couvent. Désormais, elle est prête à affronter l’éternité.

 


THE MONUMENTS MEN - de George Clooney - (0/20)
USA - Couleur, 1h58 - 2013.
Avec : George Clooney, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Cate Blanchett, Bob Balaban, Jean Dujardin, Hugh Bonneville, Dimitri Leonidas, Holger Handtke.

Guerre : Nous sommes au beau milieu de la deuxième foutaise mondiale. Une poignée de bonshommes de nationalités différentes - qui ne sont pas des militaires mais des spécialistes du domaine artistique au sens large - sont chargés d’une mission unique en son genre (inspirée de faits réels). En effet, il doivent aller récupérer des oeuvres volées par les nazis et les restituer à qui de droit. Ce ne sera pas simple. Ni très palpitant par ailleurs. L’on s’attendait soit à un film d’aventures du style 12 salopards, soit à une démarche comique quelque peu grinçante - sans tomber pour autant dans la pantalonnade. Cependant, ce brave Clooney nous sert carrément un film de guerre on ne peut plus conventionnel. Tous les clichés sont là, y compris celui de l’alcoolique châtié pour son péché de beuverie. Pire encore. On nous affirme haut et fort qu’une vie humaine est négligeable comparée à une sculpture. Malgré la splendeur et le côté “sacré” de cette dernière, je revendique le droit d’être en désaccord avec cette ineptie. Le jour où une statue créera l’homme, nous en reparlerons. Je vole bas, je le sais. Mais il m’arrive d’être un primitif rationnel.

 

 

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