NOVEMBRE/DECEMBRE 2014

Semaine 47/51 Du 19/11/2014 au 23/12/2014


MAGIC IN THE MOONLIGHT - de Woody Allen - (19/20)
USA - Couleur, 1h38 - 2013.
Avec : Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins, Simon McBurney, Hamish Linklater, Marcia Gay Harden, Jacki Weaver, Erica Leerhsen, Catherine McCormack, Ute Lemper, Lionel Abelanski, Jeremy Shamos.

Comédie : La projection démarre. Je me méfie. Je me méfie de Woody Allen et des mauvaises surprises qu’il me réserve depuis longtemps. En effet, la dernière fois où il m’ émut et notamment en me faisant rire, remonte à 2010 avec Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu; ou mieux, me fit rire à gorge déployée en 2006 avec Scoop - sans parler des précédents depuis au moins Prends l’oseille et tire-toi. Nous sommes à Berlin dans les années 1920 et nous y voyons sur la scène d’un théâtre un illusionniste, prestidigitateur ou magicien chinois - comme on voudra - présenter des numéros impressionnants. Le spectacle fini, le “Chinois”, un imposteur anglais en vérité, retourne dans sa loge et nous avons peine à reconnaître derrière le masque un certain Colin Firth. Merveilleux acteur, certes. Néanmoins, je me méfie toujours; l’image numerdique n’est à l’évidence pas très au point et je crains le pire. Je crains que Firth ne nous refasse le coup du clone maladroit de Woody. Il n’en sera rien au vu des séquences qui suivront. Ouf ! Colin assure. Howard Burkan, un ami et collègue de cet homme, Stanley Crawford de son vrai nom, vient le rejoindre et lui propose de se rendre sur la Côte d’Azur afin d’y rencontrer une jeune demoiselle américaine, Sophie Baker, qui prétend être un médium unique au monde. Stanley se laissera convaincre bien qu’il soit un rationaliste incorrigible - et surtout pour cette même raison... afin de déceler les subterfuges de la délicieuse Sophie (Emma Stone, dont les yeux... sont quand même quelqu’un !). En effet, on damnerait un Saint pour elle, lui donnerait le Bon Dieu sans confession - qu’il se nomme Allah, God, Bog où je ne sais quel Lucifer. Stanley la mettra à l’épreuve moult fois, et, malgré son incrédulité finira par tomber dans le piège... Le piège du charme, de la sorcellerie, de l’arnaque, de la magie... ou bien, tout bêtement, le piège de l’amour ? Si piège il y a... Woody nous promène cette fois avec brio entre réalité et fiction, nous fait croire dans la magie, la vraie comme la fausse. Même le fameux Stanley, magicien rationnel, finit par prier le Seigneur que sa tante âgée et fragile n’aille pas mourir... Et nous marchons. L’instant d’après, Stanley revient sur terre, sa tante est guérie bien qu’il ait... interrompu sa prière. Qui trompe qui dans cette histoire ? Qui triche... ou plutôt qui triche le plus ? Finalement, je n’avais pas eu de fou rire aussi dingue au cinéma depuis une centaine d’années (ah ! le long plan-séquence de la vieille Lady (Eileen Atkins) avec son énorme chapeau... !!!). Il reste que ce film est un chef-d’oeuvre manqué. Parce que la perfection n’est pas de ce monde. Parce que le film de Woody n’est pas parfait. Parce que, nous avons beau nous rendre compte des diverses supercheries, la magie persiste et signe. Elle existe. Elle n’est pas parfaite non plus. Et, précisément, c’est pour cette raison qu’elle existe. Ne serait-ce que par l’amour... Eternelle magie humaine.

 


LE PERE NOËL - de Alexandre Coffre - (0/20)
France - Couleur, 1h20 - 2014.
Avec : Tahar Rahim, Victor Cabal, Annelise Hesme, Michaël Abiteboul, Amélie Glenn, Philippe Rebbot, Jean-François Cayrey.

Comédie : Réveillon de Noël. Un gamin va se pieuter, impatient néanmoins de connaître son cadeau. Mais, quel meilleur cadeau pour un petiot que... le Père Noël lui-même. Même si c’est un cambrioleur. Qu’importe ! Le gamin va le suivre dans ses méfaits sur les toits vertigineux lorsqu’il le faut... ! Lui et le Père Noël vont mieux se connaître durant cette nuit unique après laquelle... le Père Noël n’existera peut-être plus. Mais... un copain, un ami... un père retrouvé... c’est sans doute encore un peu mieux .
A ceci près que ce film absolument vide d’histoire de personnages et de tout autre substance ne nous apporte rien. Nulle émotion. Nulle réflexion. A six ans comme à soixante, on n’en a rien à foutre. Dommage pour Tahar Rahim (qui essaie probablement de s’ouvrir à un public plus large) qui, tout formidable comédien qu’il soit - un des meilleurs de sa génération - ne nous intéresse guère bikoz il n’a aucun moyen de défendre l’inexistence.

 


QUI VIVE - de Marianne Tardieu - (12/20)
France - Couleur, 1h23 - 2013.
Avec : Reda Kateb, Adèle Exarchopoulos, Rashid Debbouze, Moussa Mansaly, Serge Renko, Alexis Loret, Akéla Sari, Sarah Reyjasse, Mohamed Chabane-Chaouche, Hassan n’Dibona, Mohamed Mouloudi, Guillaume Verdier, Anaïs Duclos.

Drame : Qui va là ? Vive qui vive ? Vis comme tu peux ? Reste sur le qui vive, reste prudent ? Voilà les questions, entre mille autres, que doit se poser ce vigile de grand magasin et candidat à un concours d’infirmerie. Il réside et travaille dans une “zone”, “un quartier”... “une cité”... Comme tu voudras mon con. Mais, tant que tu utiliseras ces termes péjoratifs, tu resteras ce que tu es, un con ! Le lieu de l’action n’a pas de nom. C’est une banlieue comme il y en a tant en France. Elles se ressemblent toutes, quasi à l’identique. Vous avez dit Chirac milieu des années quatre-vingt... Oui, mais bien plus encore. J’ai dit la finance... avec un “f” minuscule. Lui, le vigile, il s’appelle (ironie du sort ?) Chérif. Et il fait le shérif à l’entrée d’un bordel surtaxé et complètement légal. Comment voulez-vous qu’il ne lui arrivent pas des ennuis, des situations désagréables, des actes délictueux - et, tant que tu y es - criminels ? Va donc voir le film, terriblement ordinaire, le premier de Marianne Tardieu, va admirer le talent de Reda Kateb. Regarde-le aux prises avec d’autres laissés-pour-compte, des jeunes débiles dont on fera des vieux cons... Va voir aussi Adèle aux mille visages, ça vaut le coup. Va voir ce monde de merde qui est le nôtre au quotidien... Un quotidien que même mes parents intelligents n’avaient pas osé imaginer. Va voir !

 







 

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