OCTOBRE 2014

Semaine 42/43 Du 15/10/2014 au 28/10/2014


EQUALIZER - (The Equalizer) - de Antoine Fuqua - (?/20) ?
USA - Couleur, 2h12 - 2013.
Avec : Denzel Washington, Chloë Grace Moretz, Marton Csokas, Haley Bennett, Melissa Leo, Bill Pullman, Vladimir Kulich, E. Roger Mitchell, David Harbour.

Policier : McCall, modeste agent de sécurité et ex-super flic, s’est rangé pour des raisons graves et intimes. Mais il rencontre, un soir dans un bar, une jeune prostituée maquereautée par des gars de la fameuse mafia russe. Des mecs très cruels. Il va reprendre du service pour son compte personnel et affronter ces redoutables truands tout seul comme un grand. Son art du combat s’avère être d’une efficacité surhumaine et d’une violence qui dépasse le paroxysme. McCall, véritable super héros façon Marvel Comics qui ne dit pas son nom ou alter ego d’un Machete également inavoué, nous énerve assez rapidement au lieu de nous fasciner... car, trop c’est trop. En tant que vieux gamin qui a oublié de grandir j’affectionne particulièrement la violence au cinéma... à bon escient; mais, pour cette même raison sans doute, je suis choqué par l’excès de cassages de gueules et de massacres sanguinaires. Ce film met en évidence ce qu’il y a de pire dans un certain cinéma américain. Une russophobie ou un antisoviétisme obsolètes, intolérances oublieuses d’un passé récent. La chute du mur de Berlin, la fin d’une certaine guerre froide, les tentatives humanistes vouées à l’échec de Gorbatchev, fissa remplacé par Washington via la CIA - pour aller vite - par le sinistre guignol poivrot Eltsine, manipulable à souhait, et, pour finir, la naissance d’une mafia russe qui n’a précisément rien à envier à la mafia italo-américaine. De cela, le Ricain profond s’en fiche et de toute façon il ignore ce dont on ne l’informe pas, qu’il le veuille ou non. Par là-dessus, Fuqua (auteur de l’excellent Training Day néanmoins), semble un peu prétentieux... il est loin, très loin de cinéastes aussi inspirés que Leone ou Peckinpah. Il flirte même avec le “Taxi Driver” du non moins magistral Scorsese (l’histoire de la jeune pute - jouée par Jodie Foster etc.). Le comble, c’est que je me suis bien amusé tant au premier qu’au second de gré, et que, force m’est de reconnaître l’excellence des acteurs et de la réalisation technique de ce prodigieux navet de merde. Que se passe-t-il donc? Les Daleks auraient-ils envahi la Terre !

 


HIPPOCRATE - de Thomas Lilti - (18/20)
France - Couleur, 1h42 - 2013.
Avec : Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin, Marianne Denicourt, Carole Franck, Philippe Rebbot, Félix Moati, Jeanne Cellard, Julie Brochen, Thierry Levaret.

Drame : Benjamin est un toubib débutant et débarque à l’hosto, plein d’avenir dans sa tête. Il va déchanter malgré la présence de son père le professeur Barois et l’assistance d’Abdel un gars plus expérimenté que lui. Vingt-cinq siècles après le premier grand médecin répertorié HIppocrate, la souffrance humaine est toujours aussi difficile à gérer et à supporter... même si la science a spectaculairement progressé. Ajoutons à cela le mal des temps modernes qui consiste à grappiller des économies ignobles sur tout, y compris la santé et la vie humaines, et nous avons le bordel le plus tragi-comique de l’histoire de l’humanité. Thomas Lilti, dont c’est la première réalisation, est lui-même médecin généraliste et il connaît la musique et les paroles de la chanson. D’où une formidable crédibilité tant au niveau des décors, des personnages, de la qualité des soins etc. - mais surtout l’épatante capacité des interprètes à sembler plus vrais que nature. Citons en tête le gars Reda Kateb (génial comme d’habitude !) mais... pas seulement ! Nous ne sommes pas près d’oublier, outre les grands seconds rôles et le “Benjamin” de l’histoire, des comédiens et comédiennes tels que Thierry Levaret (M. Lemoine alias “Tsunami”), Julie Brochen (Mme Lemoine) ainsi que la bouleversante Jeanne Cellard (Mme Richard). Nous ne répéterons jamais assez que le monde tel qu’il est va mal et qu’il est en train de tomber dans un abîme sans fond. Notre Terre-Mère est exsangue et néanmoins cela n’empêche pas un tas d’enculés de nous assommer avec leurs utopiques “croissance” et “compétitivité” tout en crachant sur le problème le plus fondamental pour les humains que nous sommes et qui ne survivront qu’en étant solidaires entre eux (vive la mondialisation du partage et non de l’esclavage !!!) et avec le monde animal et végétal. Relisons donc Albert Jacquard, Hubert Reeves, Stéphane Hessel... et bien d’autres encore !

 

 


MADEMOISELLE JULIE - (Miss Julie) - Liv Ullmann - (0,75/20)
Norvège / Irlande - Couleur, 2h13 - 2013.
Avec : Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton, Nora McMenamy.

Tragédie : Je n’ai point lu ni vu la pièce de August Strindberg, dramaturge suédois du dix-neuvième siècle; je n’ai point regardé non plus les versions cinématographiques de ce drame fataliste - une tragédie donc - (celle de August Falck en 1912 ni celle de Alf Sjöberg en 1951). Cependant, au vu de l’oeuvre de Liv Ullmann, je ne ressens nullement le désir d’en savoir davantage sur cette Mademoiselle Julie, étrange pucelle dépravée par la soif de domination, de pouvoir sur la gent masculine et la valetaille. En résulte un film presque totalement théâtral - les trois unités y sont respectées - susceptible de générer un ennui quasi létal... Les trois interprètes sont d’autant plus admirables que leurs rôles sont à la limite de l’injouable !

 

 


MOMMY - de Xavier Dolan -(11/20)
Canada - Couleur, 2h14 - 2013.
Avec : Anne Dorval, Antoine-Olivier Pilon, Suzanne Clément, Patrick Huard, Alexandre Goyette, Michèle Lituac, Isabelle Nelisse.

Drame : Voici le film d’un jeune fou... au sens littéral, figuré ou artistique. Un agité de la cervelle qui nous la joue hystérique. Les personnages - pas un pour rattraper l’autre - se bousculent, les plans et les scènes s’enchevêtrent douloureusement, le vertige contamine le spectateur, témoin d’une histoire a priori sans queue ni tête. Un adolescent flingué du système nerveux est une insupportable progéniture pour sa mère... Le gamin Steve est interné puis libéré par sa maman Diane. Ses crises comportementales n’ont de cesse que par intermittences; une étrange voisine, Kyla, va se joindre aux deux protagonistes pour partager leur vie et les aider à retrouver un équilibre... Malheureusement, il n’y aura que la poésie de la dernière séquence (l’évasion de sa prison) qui pourra sauver Steve... Au sens propre, figuré, poétique ou sale... Difficile de ne pas sortir perturbé après la projection. En revanche, comment nier les grandes qualités artistiques des actrices Anne Dorval alias Diane et Suzanne Clément / Kyla ? Comment ne pas être pris aux tripes par le cri de révolte désespéré du jeune Antoine-Olivier Pilon qui ne joue pas mais qui vit le rôle de Steve O’Connor... Comment ne pas planer en écrasant une larme lors des séquences musicales... Nous, qui avons par trop perdu le sens des mots, sommes obligés de reconnaître toutefois qu’il s’agit là d’un vrai (stricto sensu) film d’Art et d’Essai ainsi que d’un film dit d’auteur. Ce film a le mérite d’exister. Il s’agit d’un étrange événement qui vaut la peine d’être montré et regardé.

 


SAMBA - de Eric Toledano et Olivier Nakache - (7/20)
France - Couleur, 1h58 - 2014.
Avec : Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim, Izia Higelin, Issaka Sawadogo, Younger Fall, Hélène Vincent, Christiane Millet, Liya Kebede, Clotilde Mollet.

Comédie dramatique : Samba est un clandestin sénégalais qui vit depuis dix ans en France. Il passe d’un boulot à l’autre afin de survivre; un jour, il se fait contrôler par des bourres et finit dans un camp de détention. Là, il fera la connaissance d’un certain Jonas, un immigré comme lui; lequel va le charger de retrouver sa belle afin de la rassurer. Samba est donc libéré et va rencontrer via une association Alice, une cadre qui fait également de l’humanitaire. Il y a aussi sa collègue Manu et, un peu plus tard, nous ferons la connaissance d’un drôle personnage : Wilson. Pendant que Alice tombera dans les bras de Samba, Manu va tomber dans les bras de Wilson - qui se prétend brésilien alors qu’il est algérien. Omar Sy dans le rôle titre est très sympa et attachant; Charlotte Gainsbourg nous touche par sa sensibilité et son égarement dans un monde bordélique. Tahar Rahim est un petit filou... Il berne (presque) tout le monde avec son faux accent porto-brésilien - toujours aussi pointu l’artiste. Et Izia Higelin est une vraie découverte même si elle n’est pas tout à fait une inconnue. Après quoi, tu te démerdes avec un scénar politiquement correct et une mise en scène respectable mais insatisfaisante. Toledano et Nakache ont de bonnes idées, d’excellents acteurs... mais ils ratissent trop large. Dommage.

 


TROIS COEURS - de Benoît Jacquot - (0/20)
France - Couleur, 1h46 - 2014.
Avec : Benoît Poelvoorde, Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, André Marcon, Patrick Mille.

Drame : Marc rencontre Sylvie au hasard d’un train manqué de justesse. C’est le coup de foudre. Ils se donnent rendez-vous à Paris et Marc, par malheur, comme le train, manque le rendez-vous. Putain, quelle déveine ! Ils ne se reverront que beaucoup plus tard, lorsque Marc aura épousé une certaine Sophie... qui est la sœur de Sylvie !!! Je n’insisterai pas sur le nombre incalculable d’invraisemblances, de niaiseries et de vaines “sentimentâleries”... ! Benoît Poelvoorde est Marc et on se demande quand ce comédien de génie cessera d’enfiler les navets. Sylvie c’est Charlotte Gainsbourg et elle n’a raisonnablement aucune raison de se mouiller dans cette affaire de pollution cinématographique. Chiara Mastroianni non plus ne meurt pas de faim. Quant à Deneuve, elle passait par là... s’est assise dans un coin de la maison familiale et fait du tricot. Pour finir, Jacquot ferait bien de jeter l’éponge... car c’est un multirécidiviste.

 



 

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