FEVRIER 2015

Semaine 06 à 08 Du 28/01/2015 au 24/02/2015


CHAPPIE - de Neill Blomkamp - (0/20)
USA - Couleur, 1h54 - 2014.
Avec : Sharlto Copley, Dev Patel, Ninja, Yo-Landi Visser, Hugh Jackman, Sigourney Weaver, Jose Pablo Cantillo, Brandon Auret, Robert Hobbs.

Aventures fantastiques : Voici le retour inavoué de la créature de Frankenstein... En version moderne. Avec son précédent film, Elysium, Blomkamp m’avait “illusionné”. Là, il se dévoile. Il se met à nu. Il est vilain à poil. Dans un futur proche t’as plein de tueurs fous, à Johannesburg, qui butent les petites vieilles, les jeunes grosses, tout ! Pour les empêcher de nuire, l’homme a créé désormais des robots-flics. Mais, les robots aussi vieillissent. Et puis, pour faire marcher le commerce, il faut renouveler les gammes. C’est là qu’intervient un petit con d’ingénieur qui a inventé un logiciel (mon mari !) permettant de donner vie à un robot sensible et intelligent - même plus que l’être humain. Putain de sa mère ! Malheureusement, il se fait kidnapper par des voyous sales et barbus qui vont s’évertuer à manipuler la mécanique pseudo-humaine et qui, incidemment, sera baptisée Chappie. Or, Chappie, d’abord nouveau-né, puis enfant, ado etc., va devenir une brave bête. Gentil comme tout. Et comme il faut pas l’énerver, ça va chier pour tout le monde - et pour les affreux marchands d’âmes et pour les bandits. Et, bien évidemment tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes - enfin complètement robotisé. Côté casting, on notera que Hugh Jackman et Sigourney Weaver ayant des seconds rôles ne servent que de têtes d’affiche. Mais, le plus génial de tous, c’est le rôle principal interprété par Sharlto Copley. Un gars qui a une gueule du tonnerre... surtout quand il fait la voix off d’un robot !

 


FELIX ET MEIRA - de Maxime Giroux - (0/20)
Canada - Couleur, 1h45 - 2014.
Avec Martin Dubreuil, Hadas Yaron, Luzer Twersky, Anne-Elisabeth Bossé.

Drame : Une histoire d’amour impossible. A Montréal. De nos jours. Tu te rends compte, Raymonde ! L’originalité ! Attends, j’ai pas fini. C’est un problème de religion. Le gars est juif athée, la femme est juive orthodoxe, mariée et mère d’un bébé, en plus ! Son mari (l’inimitable Luzer Twersky), gaulé comme une chiure de mouche, va se fâcher tout rouge, et, armé de ses longues boucles et de son chapeau d’épouvantail (double-zéro-sept en mission kamikaze) va agresser l’homme qui lui volé sa moitié qui n’a pas de mal à être plus grosse que lui. Il va le battre, en pleine rue, à coups de tapettes sur les épaules ! Violent !!! Bon, trêve ! Le schéma est usé jusqu’à la dernière bouclette, sans la moindre émotion ni un brin d’humour; nous avons déjà vu ça mille fois - en moins mauvais. Et puis, quand ils en auront marre de nous gaver avec leurs problèmes judéo-islamo-catho-homo-tarlouze et goudou, vers-de-terre-coréens ou moldaves... eh bien, ça nous fera des vacances ! Et alors, cent cinq minutes... qu’est-ce que c’est long ! C’est loooooong ! Si t’es constipé, t’as qu’à y aller !

 


LOIN DES HOMMES - de David Oelhoffen - (20/20)
France - Couleur, 1h41 - 2014.
Avec : Viggo Mortensen, Reda Kateb, Djemel Barek, Angela Molina, Vincent Martin, Nicolas Giraud, Jean Jérôme Esposito, Yann Goven, Antoine Régent, Antoine Laurent, Sonia Amori.

Drame : Algérie, 1954. Les rebelles sont là, les colons persistent à rester, et il y a même des militaires français. Daru, instituteur français dans un tout petit patelin, né en Algérie de parents espagnols et pas très bien vu par son entourage pour l’excellente raison que tous ses élèves sont des petits Arabes, va se retrouver bien emmerdé par un couillon qui lui ramène un Algérien, assassin présumé de son cousin (au passage, présumé, ça veut dire présumé innocent ou présumé coupable ? - une petite question à la con qui fait chier tout le monde) et l’enjoint de l’escorter jusqu’à un patelin où il sera jugé (donc, condamné à mort) par de bons Français de “chouche” ! Daru refuse. Finalement, l’accusé restera uniquement pour y passer la nuit, dixit le prof. OK. Mais, le lendemain, des Arabes attaquent la maison de Daru; celui-ci se défend à coups de fusil et les fait fuir. Le gars inculpé, après moult hésitations, sera accompagné par l’instit. Tous deux vont être agressés à maintes reprises. Soit par des rebelles soit par des bidasses ou colons. Tous deux vont fuir loin des hommes. Viggo Mortensen est plus que crédible en Daru, malgré un accent un peu étrange pour un francophone. Quant à Reda Kateb (fort heureusement “césarisé” pour son rôle dans Hippocrate), il est définitivement un des acteurs les plus impressionnants de sa génération. Il y a forcément un peu de Camus dans cette histoire - son amour pour l’Algérie ou son humanisme. Du reste, le film est librement inspiré d’un récit du grand Albert, intitulé L’hôte, extrait du livre L’exil et le royaume. Ainsi naît une belle et forte amitié entre Daru le commandant (en fait, il a combattu les nazis dix ans auparavant, d’où son habileté à manier les armes et à frapper au bon endroit) et Mohamed, l’autochtone victime des coutumes familiales et brutales l’ayant amené à commettre un meurtre. Une histoire magnifique, d’une densité qui vous fait serrer les dents et couler les larmes. Des paysages apparemment hostiles mais d’une beauté rare. Et, disais-je, un humanisme qui tend à disparaître de nos jours. Un film vivant, fait de chair et de sang. Une merveille que peu de gens ont daigné aller voir...

 



 

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