MARS 2015

Semaine 11 à 12 Du 11/03/2015 au 24/03/2015


BIG EYES - de Tim Burton - (15/20)
USA - Couleur, 1h47 - 2014.
Avec : Amy Adams, Christoph Waltz, Danny Huston, Krysten Ritter, Jason Schwartzman, Terence Stamp, Jon Polito, James Saito, Delaney Raye, Guido Furlani.

Drame : Une jeune femme célibataire et mère d’une fillette, se met à peinturlurer au bord de l’océan ou bien de la baie, à Frisco - 1958. Elle se prénomme Margaret, va être séduite par un barbouilleur de passage, Walter Keane. Les tableaux de la jeune dame (représentant systématiquement des enfants aux yeux énormes) vont connaître un succès extraordinaire. Plus ou moins grâce à Walter dont elle est désormais l’épouse. Cependant le gars Walter va profiter de la signature de Mme Keane pour s’approprier l’argent et la gloire. Un escroc, en vérité peintre raté... Le drame finira par se dissiper devant un tribunal, quelques bonnes années plus tard. Film assez étonnant que ce nouveau Burton. Plus de fantastique, de fantaisies ni de réel suspense. Mais la réalisation est très fluide, pas le temps de s’ennuyer : c’est joli à voir - à l’image de l’excellente Amy Adams alias Margaret. Film léger auquel on pardonne beaucoup - y compris la prestation de Christoph Waltz, acteur de génie habituellement, et qui, cette fois ne parvient pas à être tout à fait convaincant. Ni en séducteur, ni en escroc vicelard ni même en malade mental lors du procès final. Peut-être bien que la direction du foldingue Timmy y est pour quelque chose. Cependant, la qualité de cette oeuvre est nettement supérieure à la moyenne.

 


BIRDMAN ou (la surprenante vertu de l’ignorance) - (Birdman - Or (The Unexpected Virtue of Ignorance-) - de Alejandro Gonzalez Inarritu - (20/20)
USA - Couleur, 1h59 - 2014.
Avec : Michael Keaton, Edward Norton, Emma Stone, Naomi Watts, Zach Galifianakis, Andrea Riseborough, Amy Ryan, Lindsay Duncan, Jeremy Shamos, Merritt Wever.

Comédie dramatique : Pour le moins inclassable, le nouveau miracle de Alejandro G. Inarritu (Biutiful) ! Riggan Thomson (Michael Keaton) est sur la touche. Ex-Birdman, fameux super-héros de cinoche, il se lance maintenant dans une redoutable aventure théâtrale. L’un des comédiens, blessé accidentellement (?), quitte la troupe et sera remplacé par le légendaire Mike Shiner (Edward Norton). Les répétitions démarrent fortissimo, le gars Shiner est terriblement prétentieux... mais... non sans raisons. Thomson lui donne la réplique tant bien que mal... Il s’agit d’une séquence d’anthologie. Comme beaucoup d’autres séquences. Du reste, tout le film n’est qu’un colossal plan-séquence de deux heures. C’est du jamais vu ! Et, on met du temps à réaliser que tout est lié, qu’il n’y a pas de plans de coupe. Miracle ? Que nenni. Pas plus que le chef-d'oeuvre absolu d’Inarritu. Question de technique. De technologie. Il y a seulement quelques années, il était impossible de réaliser un tel film. Alors, numérique, pas numérique, informatique ? Rien à gratter ! A ce niveau-là, moi, je regarde bouche bée et ne pipe mot. Je respecte et j’admire. Comment raconter cette histoire où tout s’enchevêtre, drame familial, professionnel, psychologique, fantastique, réflexion qui dépasse l’entendement sur l’inusable question de savoir comment distinguer le vrai du faux. Quand joue-t-on la comédie ? Nous arrive-t-il d’être sincères ? Les comédiens, tiens ! Jamais vu une telle interprétation côté messieurs et côté dames ! Tu ne sais plus, Gontran, si tu ries ou si tu pleures, si tu cries, si t’étouffes ou si tu pisses. Inénarrable ! Absolument rien à ajouter. Sinon, un excellent conseil à tous ceux qui aiment un tant soit peu le 7e Art : voir et revoir cette folie magistralement orchestrée par un nouveau cinéaste immense qui fera date dans l’Histoire du Cinématographe ! Vite, vite, vite ! Il s’agit de l’oeuvre d’un illusionniste.

 


CROSSWIND - LA CROISEE DES VENTS - (In the Crosswind / Risttuules) - de Martti Helde -(20/20)
Estonie - Noir et blanc, 1h27 - 2014.
Avec : Laura Peterson, Mirt Preegel, Ingrid Isotamm, Elnar Hillep, Tarmo Song.

Drame : Voici une autre excellente raison de retourner au cinéma. Un autre ovni... qui nous vient d’Estonie. Un chef-d'oeuvre dont il est difficile de parler. Un parti pris esthétique indescriptible avec des mots. Du noir et blanc comme on en a rarement vu. Petit format, durée brève (87 mn), quatre ans de prises de vues, un témoignage digne d’un très grand respect. A tel point que l’on se rend compte que parfois les images sont des merveilles - c’est moi, qui ne jure (presque) que par les mots, qui le dis. Un témoignage sur les exactions staliniennes dans les pays baltes : Estonie, Lettonie, Lituanie. Dans ce film, l’action commence en juin 1941. L’exaction en vérité ! Pendant que le guignol nazi faisaient déporter les Juifs, le Soviet Suprême (initiales S.S.) déportait des Baltes. En Sibérie. Un témoignage sans le moindre pathos, feutré, discret, timide... en somme, d’une pudeur étourdissante. Ne craignez point la vue du sang et de terribles violences. Une leçon de cinéma aux faiseurs de films-vitrines (dixit un certain Tarantino). Comme il ne faut surtout pas être réducteur d’oeuvres d’art majeures, je n’en dirai pas davantage. C’est un film incontournable. Il faut le voir ! Pour le croire.

 


IMITATION GAME - (The Imitation Game) de Morten Tyldum - (11/20)
Grande-Bretagne / USA - Couleur, 1h55 - 2014.
Avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Charles Dance, Matthew Goode, Mark Strong, Rory Kinnear, Allen Leech, Matthew Beard, Alex Lawther, Jack Bannon.

Espionnage : A partir de 1940, Alan Turing, personnage ayant vraiment existé, mathématicien et cryptologue, commence à étudier la possibilité de percer le secret de la machine infernale nazie nommée Enigma. S’il y parvient, le sort de l’Europe et du reste du monde pourrait connaître un tournant positif. Avec d’autres crypto-cruciverbistes Alan va s’employer avec beaucoup de ferveur à sa mission impossible. On lui mettra toutes sortes de bâtons dans les roues... mais, comme il y a une justice divine, le problème finira par être résolu. Le seul os... gros os pour les connards... c’est que Turing est homosexuel. Après la guerre, dans les années cinquante, il risquera la pendaison (!!!) et, finalement, ô grande faveur, il sera condamné à se castrer chimiquement. Il en mourra. Mort aux héros ! Classique d’une certaine manière... à ceci près qu’un héros meurt généralement au combat et non pas suite à une condamnation terrifiante ! Voici un film kif-kif. Première moitié très accrocheuse et bien fichue voire passionnante. Deuxième moitié fort décevante. Tout au long de l’histoire, le réalisateur Tyldum ne saura pas bien structurer le montage de son film : problème d’ordre chronologique (zigzag en arrière et en avant) et pour parachever l’ensemble, des propos un peu cucul la praloche - alors que le problème de l’homosexualité est encore et toujours évoqué, parfois même excessivement. Me voilà partagé entre le traitement respectable d’un problème social grave, et sans doute, mon excès de sensibilité à l’intelligence et à la précision de toute réflexion philosophique. Les acteurs sont admirables, Cumberbatch en tête, Charles Dance en particulier, et même... Keira Knightley est pour une fois supportable.

 


INHERENT VICE - de Paul Thomas Anderson - (11/20)
USA - Couleur, 2h29 - 2014.
Avec : Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Reese Witherspoon, Benicio Del Toro, Jena Malone, Owen Wilson, Katherine Waterston, Maya Rudolph, Hong Chau, Martin Short, Eric Roberts, Joanna Newsom.

Comédie policière : D’après le bouquin de Thomas Pynchon scénarisé par le réalisateur lui-même. A la fin des années soixante à L.A., le privé Doc Sportello - faut voir la touche du mec, se mêle d’une affaire compliquée à outrance où surgissent une foule de personnages pour le moins pittoresques, cocasses, déjantés... des zombies crasseux pour l’essentiel. Pour le spectateur, le film est quasiment incompréhensible, le gars PiTi Anderson ayant sans doute un peu trop sniffé entre les prises. Quand on pense qu’il est l’auteur du chef-d'oeuvre There Will Be Blood... ! Néanmoins, ne m’étant shooté qu’à la caféine, je me suis cependant marré comme l’ado que je fus à l’époque des années 60-70. Il y a des séquences dans ce brouillon, techniquement fort bien réalisé, jubilatoires à force de déconnade, des acteurs et trices dingues, à la fois aussi nonchalants que possible et virtuoses. Phoenix en privé, Brolin en lieutenant détective sexuellement obsédé, Del Toro en avocat désaxé qui ne jure que par la tequila, où encore Martin Short dans un petit rôle surréaliste, ainsi que la résurrection de l’ex-vedette Eric Roberts ( frère de Julia ) dans le rôle minuscule d’un gros poisson. Les dames aussi sont extravagantes à souhait, Witherspoon, Malone, Katherine Waterston, Hong Chau etc. Pour connaisseurs nostalgiques.

 




 

Haut de Page

 


Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2004 Strahinja Kosmajac