JUILLET/AOUT 2018

Semaine 27à32 Du 01/07/2018 au 14/08/2018


DOGMAN  de  Matteo Garrone - (20/20) 

Italie - Couleur, 1h42 - 2017.

Avec : Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria, Nunzia Schiano, Adamo Dionisi, Francesco Acquaroli, Gianluca Gobbi.

Drame : Inspirée d’un fait divers, cette histoire n’en est pas moins une libre adaptation. Marcello Fonte, comédien professionnel très peu connu, s’est trouvé en présence du cinéaste Garrone d’une façon assez quelconque mais tout aussi extraordinaire. Toujours est-il que cet acteur a bénéficié d’une récompense amplement méritée à Cannes 2018  -  prix du meilleur comédien. Hallucinante prestation d’un artiste donnant le sentiment qu’il ne joue pas la comédie et ne fait pas semblant. L’on se dit qu’il est le personnage. Un talent frisant le génie. Il s’agit d’un modeste toiletteur pour chiens, timoré, très fragile et considéré avec beaucoup d’empathie par le voisinage. Il a femme et enfant ; une adorable fillette prénommée Alida avec qui Marcello passe ses moments de loisir - apportant ainsi un souffle de poésie à cette tragédie évidemment sombre et ô combien sordide. Ce bonhomme au faciès pathétique, à l’allure misérable, d’une merveilleuse laideur et d’une gentillesse infinie va se trouver maltraité puis brutalisé et torturé par un vague ami sorti de prison. Une sorte de brute bestiale, boxeur drogué à la coke. Extraordinaire interprétation de Edoardo Pesce. Il ne s’agit pas dans ces lignes de dévoiler la trame de ce conte cruel. Simplement d’inciter le lecteur à aller découvrir ce chef-d’œuvre absolu. Bien sûr, il est recommandé d’avoir les nerfs solides - le film étant strictement déconseillé aux enfants et aux dames sensibles - mais, l’expression artistique, humaniste et paradoxalement généreuse, de cette réflexion visuelle est incontournable. Depuis que l’humanité existe, le monde est ainsi fait. Il y a les forts et les faibles, les éternels davids et goliaths… mais le sentiment profond qui se dégage de cette ambiance terrifiante est celui d’une prise de conscience totalement diffuse… Qui tire les ficelles de notre système nerveux, de notre âme, de notre destin… ? Quelle est cette déesse (marre du vieux barbu !) qui nous tire par la zigounette ?

Voilà.

Mais une question se pose…

Le vinyle étant de retour, où est passé l’argentique ?

Bande annonce

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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