OCTOBRE 2018

Semaine 40 à 42 du 28/09/2018 au 16/10/2018


C

COLD WAR - (Zimna Wojna)  de Pawel Pawlikowski - (20/20)

Pologne - Noir et blanc, 1h24 - 2017.

Avec : Joanna Kulig, Tomasz Kot, Agata Kulesza, Borys Szyc, Cédric Kahn, Jeanne Balibar, Adam Worowonicz, Adam Ferency, Aleksandra Yermak, Martin Budny.

 

Drame : Guerre froide en français. L’amour est un rêve. La réalité c’est la merde. La plus belle histoire d’amour vue au cinéma. Entre 1949 et 1964, en Pologne, en Italie, en Yougoslavie et dans un Paris snobinard, une aventure sentimentale entre une jeune chanteuse pudique et un compositeur polonais. Ils feront tout pour échapper à la dictature stalinienne mais… Mais au-delà de ce connard géorgien, il y a la décomposition du monde… A commencer par l’Europe, berceau de la culture mondiale. Cette histoire ne se raconte pas, elle a été réalisée de main de maître par Pawlikowski, l’auteur du génial Ida. (voir article) Mais, autant dans ce dernier film, après une sombre tragédie, il y a une ouverture finale vers l’espoir, autant ici tout est fichu. Alertez les bébés !

Nota Muy Bien : Les dames de Femina trouvent que cette œuvre manque d’émotions ! Il en va de même pour le chef-d’œuvre d’Amélie Nothomb, Les prénoms épicènes, qu’elles trouvent trop court. 155 pages. Chacun son mauvais goût.

 

 

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B

FRERES ENNEMIS - de David Oelhoffen - (20/20)

France - Couleur, 1h51 - 2017.

Avec : Reda Kateb, Matthias Schoenharts, Sabrina Ouazani, Adel Bencherif, Nicolas Giraud, Sofiane Zermani, Gwendolyn Gourvenec, Marc Barbé, Astrid Whettnall.

Policier : Voir Loin des hommes. Rappelons-nous Daru, le prof de français et Mohammed l’Algérien - déjà joué par le prodigieux Reda Kateb. Un faux film de guerre. Ici, c’est un faux polar. Il ne s’agit pas de frères de sang. Idriss et Manuel sont frères parce qu’ils ont passé leur jeunesse dans la même banlieue pourrave. Idriss devient flic, Manu voyou. Classique. Mais l’essentiel du thème, ce n’est pas leur fraternité, mais la fratrie humaine. Il y a des flics infiltrés chez les trafiquants. Le père spirituel de Manu, d’origine arabe, est finalement coupable d’une faute impardonnable. Au final, on s’entretue allégrement dans ce drame - cette tragédie terriblement humaniste. Les frères Idriss et Manu sont tour à tour ennemis et amis - ils deviendront complices. Question ? Qui tue Manu à la fin ? Un flic, un voyou, un ami ou un ennemi ? Terrible conclusion. C’est l’humanité tout entière qui a perdu la boule. Ou bien qui ne l’a jamais retrouvée… ? Humain, trop humain. Un joyau du cinéma français qui va passer inaperçu. Loin des hommes avait fait 110.000 entrées France. Celui-ci en fera à peine 200.000. Tant qu’il y aura des américonneries numérotées et des Alad’2… Ajoutons que Reda Kateb a la stature des quatre grandes stars françaises du siècle dernier – Gabin, Ventura, Belmondo, Delon. Mais les temps ont changé.

 

 

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F

FORTUNA - de Germinal Roaux -- (20/20)

Suisse - Noir et blanc, 1h46 - 2017.

Avec : Kidist Siyum Beza, Bruno Ganz, Patrick d’Assumçao, Assefa Zerihun Gudeta, Yoann Blanc, Simon André, Philippe Grand’Henry, Pierre Banderet, Stéphane Bissot.

Drame : Comme Pawlikowski, Roaux nous propose un noir et blanc sublime. Fortuna, la bien nommée ( ? ) , jeune Ethiopienne de 14 ans, est accueillie avec d’autres réfugiés par une communauté de religieux catholiques des Alpes suisses. Elle y rencontre un jeune Africain nommé Kabir dont elle tombe amoureuse et se retrouve enceinte - mais lui est majeur. Elle réclame sa maman et veut absolument être mère à son tour. Elle a une scène douloureuse avec Kabir. Il lui explique qu’elle est mineure et qu’ils n’ont nullement besoin d’autres ennuis graves. Ida se moque des lois et tient à se faire passer naïvement pour une jeune femme de plus de vingt ans. Le frère Jean (joué par le merveilleux Bruno Ganz, reconnu grand acteur pour sa prestation de Hitler dans La chute) se pose la question de savoir s’il ne faut pas tourner la page par rapport à leurs convictions religieuses. On ne raconte pas la séquence finale où Ida enterre dans la neige son oisillon adoré qui symbolise la (re)naissance de son enfant.  La vie et sa transmission. Film humaniste par excellence. Merci au Festival Jean Carmet de Moulins 2018 d’avoir programmé ce film magique ignoré par le plus grand nombre. Vive le Cinéma. Il n’est pas mort. Et, mort aux imbéciles

 

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