SEPTEMBRE 2018

Semaine 34 à 38 du 29/08/2018 au 25/09/2018


L

Dividi :

LUCKY - de John Carroll Lynch - (20/20)

USA - Couleur, 1h24 - 2017.

Avec : Harry Dean Stanton, David Lynch, Ed Begley Jr, Tom Skerrit, Ron Livingston, Barry Shabaka Henley, James Darren, Beth Grant, Yvonne Huff, Hugo Armstrong, Bertila Damas, Mouse, Ana Mercedes, Ulysses Olmedo, Sarah Cook, Amy Claire, Otti Feder.

 

Comédie dramatique : Lucky est un vieux gars solitaire. Il vit dans une modeste baraque le nonagénaire. Il fait de la gymnastique tous les matins, il fume à fond la caisse, fait des mots croisés et déambule dans une petite ville déserte. Il consulte le toubib qui lui dit : « T’es en parfaite santé, la mort ne veut pas de toi ». Il va au bistro, boit ce qu’il veut, il a un copain qui a perdu sa tortue, et il passe son temps à refaire gentiment le monde. C’est un rebelle qui s’insurge contre tout et surtout contre le temps qui passe. Son âge avancé et son expérience l’entraînent dans une quête philosophique, spirituelle et poétique. Quand il chante façon mariachi, il est magique. A la fin de l’histoire, il donne son point de vue existentiel en disant que nous serons tous, un jour ou l’autre, confrontés à l’universel, l’inexplicable, le beau qui nous dépasse, la fatalité inexorable. « Alors, que fait-on ? » lui rétorque quelqu’ un.  »We smile », dit-il avec son sublime sourire. Il sort, marche longuement dans la nature… L’on voit la tortue de son pote qui revient. La vie continue.

Voilà une œuvre modeste, chaleureuse, concoctée par un groupe d’amis de ce merveilleux comédien, Harry Dean Stanton. Ce fut son dernier rôle et il mourut avant de voir le film sur grand écran. Un bel hommage crépusculaire.

En bonus : Entretiens avec le réalisateur John Carroll Lynch et l’équipe du film. Dernière prise d’un acteur de légende (250 films.)

HARRY DEAN STANTON : PARTLY FICTION  - documentaire inédit en France de Sophie Huber.

 

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B

Grand écran :

BLACKkKLANSMAN   - de Spike Lee - (20/20)

USA - Couleur, 2h16 - 2017.

Avec : John David Washington, Adam Driver, Topher Grace, Laura Harrier, Ryan Eggold, Jasper Pääkkönen, Corey Hawkins, Paul Walter Hauser, Ashlie Atkinson, Robert John Burke, Brian Tarantina, Arthur J. Nascarella, Ken Garito, Frederick Weller, Michael Buscemi, Damaris Lewis et Alec Baldwin et avec Harry Belafonte.

Comédie policière : Le chef-d’œuvre de Spike Lee. Grand Prix Cannes 2018. Une fabuleuse farce sur la connerie humaine ! CK n’a pas vu un tel film depuis les années 70. Cela tombe bien, l’action se situe à cette époque-là. Pour infiltrer ce putain de Klan nazi pur jus, un jeune policier noir. Il nique la gueule à son correspondant par téléphone. Celui-ci veut le rencontrer de visu. Aïe. Son collègue blanc prend sa place pour le rendez-vous. Au passage, le black lui dit : « Tu portes la Croix de David. T’es Juif ? » « A ton avis… » D’après une histoire vraie revisitée par le diablotin Spike Lee. Comment le Klan se fit infiltrer par ses pires ennemis, un Noir et un Juif. Une comédie tragique jubilatoire ! Les imbéciles sont partout. Chez les flics, les politicards et le KKK. Les acteurs sont tous parfaits. A la fin du film, l’on nous propose des documents d’archives très récents datant de 2017. Les manifs ignobles où une jeune femme humaniste trouva la mort. Et le gros con de milliardaire Trump de dire : « Il y avait aussi des gens très biens lors de ces manifs. » Ta mère, fumier ! Au fait, quelle est la couleur du Juif ?

 

 

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F

LES FRERES BROTHERS - (The Sisters Brothers) - de Jacques Audiard - (20/20)

France / Espagne / Belgique / Roumanie – Couleur, 1h57 – 2017.

Avec : John C. Reilly, Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed, Rebecca Root, Carol Kane, Hugo Dillon et Rutger Hauer.

Western : Troublant… Ce profond mélange de sexes… Les frères sœurs… Les sœurs frères… Dans ce film d’hommes, les personnages féminins sont très épisodiques ; il y a cette vague prostituée abordée par le frère aîné… très gentiment. Il y a ce redoutable bandit, nommé Mayfield, qui en fait ressemble étrangement à une femme… Hermaphrodite ? Les deux frangins ont un comportement infantile ; ils se cognent dessus pour un oui ou pour un non. Ils tuent et pillent sans état d’âme. Ils vivent leur sort, leur destin… Leur père fut un ivrogne qui battait la mère. Celui des deux fils qui abattra le paternel va hériter de son ivrognerie. Comme une fatalité. Lorsqu’ils auront dégommé Mayfield, ils vont dire « Mayfield is dead « . En anglais, « dead » est du genre neutre - ni mort ni morte. Les scènes de violence sont effleurées, comme irréelles. Tout est ainsi. C’est l’enfer d’une existence incontrôlable. Après cette longue virée macabre, les deux frères vont connaître leur paradis chez la mère. Retour à la source. Qui tire les ficelles… ? Dieu ou Diable ? Les deux s’annulant, il ne reste plus que Dame Nature. Jacques Audiard dédie ce film à son frère, mort prématurément à l’âge de 25 ans.

François Truffaut disait qu’il y avait les films pairs et les films impairs. Celui-ci est un film pair.

Jacques Audiard est un grand cinéaste car à chaque œuvre il nous étonne.

 

 

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